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Giallo

type d'horreur

Présentation : Giallo

Le giallo aime trop la surface pour être un simple polar sanglant. Il veut la laque, le cuir, le verre, les couloirs modernistes, les pulsions mal rangées sous un décor impeccable. On y tue beaucoup, bien sûr, mais on y regarde surtout comment le meurtre devient une forme de mise en scène, presque un exercice de style qui finit par contaminer tout le film.

Le cœur du genre bat en Italie, à un moment où le cinéma populaire sait encore absorber la mode, le roman de gare, l'érotisme et l'avant-garde sans demander pardon. Mario Bava pose la grammaire. Dario Argento la transforme en machine de précision hystérique. Deep Red reste un sommet parce qu'il avance comme une enquête et frappe comme un cauchemar éveillé. Profondo Rosso fait du détail mal vu une obsession, tandis que Suspiria prouve qu'en bordure du giallo, la couleur peut devenir une agression autonome et glisser vers le surnaturel. Et quand Lucio Fulci entre dans le champ, le genre gagne une viscosité, une brutalité presque malade.

Le giallo compte parce qu'il refuse le naturalisme. Les intrigues s'y tordent, les identités s'y dédoublent, les appartements ressemblent à des pièges décoratifs, et pourtant tout cela tient par le rythme, par le regard, par l'élégance toxique de la mise à mort. Peu de sous-genres ont autant pesé sur le cinéma d'horreur européen, du fantastique belge aux raffinements meurtriers que l'on retrouve jusque chez Fabrice du Welz.

S'il fascine encore, c'est parce qu'il a compris très tôt qu'un meurtre au cinéma pouvait être à la fois répugnant, sophistiqué et étrangement beau.