https://cabaneasang.tv/fr/genre/body-horror/

Horreur corporelle

type d'horreur

Présentation : Horreur corporelle

Le body horror commence au moment où le corps cesse d'obéir. Une peau qui s'ouvre, un organe qui déborde de sa fonction, une matière vivante qui devient suspecte. Le sous-genre choque souvent par ses effets, mais sa vraie violence est ailleurs : il attaque l'idée même d'identité stable. Si le corps se déforme, se contamine ou se retourne contre vous, alors le moi devient un accident provisoire.

Le grand nom reste évidemment David Cronenberg. Videodrome relie la chair au média, au désir, à la technologie, comme si l'écran pouvait désormais infecter l'organisme. The Thing choisit une autre terreur : celle d'un corps qui ne garantit plus aucune vérité, ni biologique ni sociale. Avec Tetsuo: The Iron Man, Shinya Tsukamoto pousse le body horror vers une crise industrielle presque insoutenable, nerveuse, métallique, venue du Japon. Et Trouble Every Day, chez Claire Denis, rappelle côté français que le genre peut aussi être sensuel, clinique, traversé de désir et d'épuisement.

Le body horror revient toujours parce qu'il épouse très bien les angoisses d'époque. Maladie, chirurgie, biotechnologies, normes de beauté, vieillissement, prothèses, performance sexuelle : tout ce qui touche au corps contemporain peut y devenir matière à cauchemar. Peu de sous-genres parlent avec autant de précision de notre panique moderne face à la chair.