Horreur psychologique
Présentation : Horreur psychologique
L'horreur psychologique commence quand le film retire au spectateur le luxe d'un ennemi clairement situé. Rien n'est plus confortable qu'un monstre extérieur. Ce sous-genre préfère autre chose : la perception qui se dérègle, le souvenir qui ment, le couple qui enferme, la honte qui colonise peu à peu tout le champ. La peur ne surgit pas, elle s'infiltre dans l'esprit jusqu'à modifier la texture du réel.
Rosemary's Baby reste exemplaire parce qu'il fait de la politesse sociale, du mariage et du discours médical une machine d'emprise. Possession choisit l'excès, la crise, la déchirure affective et politique, comme si le psychisme ne pouvait plus contenir ce qui le traverse, avec des débordements de body horror. Plus récemment, The Babadook donne au deuil une forme presque pédagogique, pendant que The Others montre combien le doute, s'il est bien orchestré, peut suffire à tenir tout un film sur ses nerfs.
Des cinéastes comme Roman Polanski, Alejandro Amenábar et Pascal Laugier n'abordent pas cette zone de la même manière. Chez le premier, l'enfermement. Chez le deuxième, la torsion discrète du point de vue. Chez le troisième, la blessure mentale qui finit par déborder sur la chair et parfois sur le surnaturel.
Si l'horreur psychologique traverse si bien les époques, c'est parce qu'elle touche à une peur très simple et très moderne : l'idée que l'esprit, loin d'être un refuge, puisse devenir le lieu principal de l'agression.
