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Margaret Tait - director portrait

Margaret Tait

Chez Margaret Tait, le plus intéressant n'est pas de vérifier à quel point la filmographie entre docilement dans la case horreur. Ce qui compte, c'est la manière dont elle rend visibles des formes de menace, de dérèglement et de malaise qui débordent les frontières trop propres du classement. Sur CaSTV, Margaret Tait a sa place parce que les films, qu'ils soient frontalement horrifiques ou plus obliques, reviennent sans cesse vers la peur comme méthode: peur logée dans un décor, dans un corps, dans une institution, dans un rituel, ou simplement dans la texture d'un plan.

La trajectoire doit d'abord se lire dans la durée. Vue sur la durée, la trajectoire procède par vagues: essais initiaux, période de maîtrise, puis relecture tardive des impulsions premières. Autrement dit, l'intérêt de Margaret Tait ne se réduit pas à deux ou trois titres cités par automatisme. Il réside aussi dans la manière dont des œuvres secondaires, des commandes, des détours de ton ou des essais plus libres rééclairent l'ensemble. Certaines périodes accentuent l'efficacité narrative, d'autres préfèrent l'abrasion, l'étrangeté ou une forme d'élégance vénéneuse. Ce sont justement ces déplacements qui rendent la carrière féconde pour une base comme CaSTV et qui justifient les passerelles vers Horreur, Thriller et Supernatural.

Le contexte de pays n'est pas un détail. Pour Margaret Tait, il faut tenir compte de la France ou, si la trajectoire déborde nettement ce cadre, d'une circulation plus transnationale des formes et des financements. Le repère national sert à comprendre les routes de production, les rapports entre prestige critique et cinéma d'exploitation, ainsi que les conditions concrètes dans lesquelles un cinéaste rencontre le fantastique ou l'horreur. Un parcours lié à la France ne fabrique pas la peur de la même manière qu'un autre porté surtout par les festivals, la télévision ou les marchés de niche.

Pour parler de la période formatrice sans fabriquer une légende artificielle, le plus juste est de revenir à la méthode. Chez Margaret Tait, le développement décisif se joue dans l'accumulation, lorsque des motifs et des points de tension deviennent peu à peu impossibles à manquer. On voit souvent dès les premiers travaux la manière dont un cadre se ferme, dont un rythme se dérègle, dont un visage devient opaque, ou dont un espace banal se charge d'une hostilité sourde. Plus tard, les films les plus accomplis n'inventent pas un autre auteur: ils durcissent, déplacent ou clarifient des gestes déjà là. Cette continuité explique mieux une carrière que la recherche d'un unique chef-d'œuvre fondateur.

Les thèmes comptent ici autant que les intrigues. D'un film à l'autre, Margaret Tait manifeste un sens aigu de la pression sociale, du danger institutionnel et de la manière dont les espaces quotidiens finissent par se refermer. Selon les périodes, cela peut faire résonner la filmographie avec Psychological Horror, Ghost, Occult, Body Horror ou les bords plus agressifs du Giallo. L'intérêt n'est pas de distribuer des étiquettes à la chaîne, mais de repérer les vecteurs de peur qui reviennent: emprise, contamination, espace hostile, répétition, pulsion destructrice, ou glissement du quotidien vers une forme de cauchemar social.

Les meilleures lectures reviennent souvent au même paradoxe: l'œuvre peut sembler éclatée au premier regard, alors que ses obsessions demeurent étonnamment cohérentes sur la durée. C'est particulièrement visible chez les cinéastes dont la réputation se redessine avec le temps. Une période peut les consacrer comme auteurs cultes, la suivante les reléguer, puis une restauration, une rétrospective ou un déplacement des goûts critiques les rendre à nouveau centraux. Pour cette raison, la lecture de Margaret Tait gagne à passer aussi par des cadres historiques et curatoriaux: les 2000s, la circulation patrimoniale, ou des rendez-vous comme BIFFF qui rebattent régulièrement la hiérarchie des œuvres.

Il faut également laisser une place à l'irrégularité, ou plus exactement à ce qu'elle révèle. Bien des carrières de genre comprennent des impasses, des travaux alimentaires, des films mutilés par l'industrie, des objets aberrants ou des bifurcations qui déconcertent. Chez Margaret Tait, ces écarts ne sont pas forcément des faiblesses pures. Ils montrent parfois quels motifs résistent même quand le matériau se dérobe. Ils exposent plus crûment une méthode. Ils rappellent surtout qu'une œuvre vivante ne se réduit pas à un alignement rassurant de réussites homologuées.

La meilleure façon d'entrer dans Margaret Tait reste donc comparative. Il faut faire jouer ensemble le pays, les clusters comme Horreur et Thriller, puis des voisinages tels que Folk Horror, Found Footage, Serial Killer ou Survival Horror quand ils éclairent les films. Ensuite, il faut déplacer le regard vers une décennie ou vers un espace festivalier et observer ce qui se recompose. À ce niveau, Margaret Tait cesse d'être une simple notice biographique: il ou elle devient un point d'entrée dans la manière dont l'horreur circule, se transforme et demeure active dans la mémoire critique.

Filmographie

Garden Pieces
Garden Pieces
1998 · Short
Blue Black Permanent
Blue Black Permanent
1992 · Feature
Aspects of Kirkwall 6: Some Changes
1981 · Short
Aspects of Kirkwall No. 5: The Look of the Place
1981 · Short
Land Makar
Land Makar
1981 · Short
Aspects of Kirkwall 4: The Ba
1980 · Feature
Hydro Poles by Helicopter
Hydro Poles by Helicopter
1978 · Short
Local News: Bu of Cairston Broch
1978 · Short
Shop!
1978 · Short
Aspects of Kirkwall 3: Occasions
1977 · Short
Place of Work
Place of Work
1976 · Short
Start of a Race, end of a show, etc.
Start of a Race, end of a show, etc.
1976 · Short
Survivor
Survivor
1976 · Short
Tailpiece
Tailpiece
1976 · Short
Aerial
Aerial
1974 · Short
Aspects of Kirkwall 2: Shape of a Town
1974 · Short
Colour Poems
Colour Poems
1974 · Short
These Walls
1974 · Short
Eclipse
Eclipse
1973 · Short
On the Mountain
On the Mountain
1973 · Short
Growing Up: Chinese Geese in Orkney
1970 · Short
John MacFadyen
1970 · Short
Painted Eightsome
Painted Eightsome
1970 · Short
A Pleasant Place
A Pleasant Place
1969 · Short
Caora Mor: The Big Sheep
1966 · Short
Splashing
1966 · Short
Hugh MacDiarmid: A Portrait
1964 · Short
Palindrome
1964 · Short
Where I Am Is Here
Where I Am Is Here
1964 · Short
Edinburgh
Edinburgh
1958 · Short
The Drift Back
1957 · Short
Rose Street
Rose Street
1956 · Short
All These New Relations
All These New Relations
1955 · Short
Calypso
Calypso
1955 · Short
Edinburgh General
1955 · Short
Orquil Burn
1955 · Short
Princes Street Edinburgh
1955 · Short
The Leaden Echo and the Golden Echo
The Leaden Echo and the Golden Echo
1955 · Short
The Royal Mile Edinburgh
1955 · Short
Happy Bees
Happy Bees
1954 · Short
A Portrait of Ga
A Portrait of Ga
1952 · Short
My Room, Via Ancona 21
1951 · Short
One Is One
1951 · Short
The Lion the Griffin and the Kangaroo
1951 · Short
Three Portrait Sketches
Three Portrait Sketches
1951 · Short
Perugia in Umbria
Perugia in Umbria
1950 · Short
Milano
Milano
1949 · Short

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