Vampire
Présentation : Vampire
Le vampire est sans doute la créature la plus souple de tout le cinéma d'horreur. Il peut être aristocrate, parasite, adolescent perdu, prédateur sexuel, revenant romantique ou simple machine de contamination. Ce qui ne change pas, c'est le pacte central : survivre en prenant littéralement quelque chose au corps de l'autre.
Le genre a beau sembler saturé d'images connues, il continue de muter. Nosferatu reste le grand ancêtre pestilentiel en Allemagne, silhouette de famine plus que d'élégance. Cronos propose au contraire un vampirisme mélancolique, charnel, presque mécanique, chez Guillermo del Toro au Mexique. Let the Right One In refroidit encore davantage le mythe, jusqu'à en faire une histoire d'isolement, d'enfance blessée et de dépendance glaciale. Et Martin fait quelque chose de plus sordide, plus américain : le vampire y devient peut-être un malade, peut-être un fantasme, en tout cas une forme d'usure morale.
Des cinéastes comme del Toro, Jean Rollin et Tomas Alfredson rappellent bien que le sous-genre n'est pas condamné à l'académisme. Il peut rester poétique, sale, érotique, clinique, tant qu'il conserve ce lien entre désir et prédation.
Si le vampire traverse les siècles sans fatigue, c'est parce qu'il parle toujours des mêmes obsessions avec des costumes différents : le sexe, la maladie, la beauté, la classe, et le fantasme très humain d'une éternité obtenue aux dépens d'autrui.
