Found Footage
Présentation : Found Footage
Le found footage est le sous-genre de la preuve douteuse. Une cassette, un disque dur, une carte mémoire, puis cette vieille promesse du cinéma d'horreur : ce que vous allez voir n'aurait jamais dû être vu ainsi. Sa force vient moins du réalisme que du soupçon. L'image tremble, coupe trop tôt, manque l'essentiel, et c'est précisément là que l'angoisse s'installe, souvent à la frontière du surnaturel.
Il existe bien sûr un ancêtre empoisonné, Cannibal Holocaust, avec son idée d'images retrouvées devenues pièce à conviction. Mais le grand basculement populaire arrive aux États-Unis avec The Blair Witch Project, qui comprend qu'une forêt, trois voix épuisées et un hors-champ tenace suffisent à faire délirer le regard. Le genre s'étend ensuite parce qu'il épouse parfaitement les angoisses techniques de son époque : webcam, vidéos domestiques, fichiers compressés, surveillance banale. On n'est plus devant un récit classique, mais devant un matériau contaminé.
Même sans appartenir frontalement au found footage, George Romero a préparé ce terrain en faisant de l'horreur une affaire d'images sociales en crise. Wes Craven savait, lui aussi, combien le dispositif change la peur dès qu'on ne fait plus confiance au cadre. Et si Sam Raimi plane au-dessus du genre, c'est par son goût du point de vue agressif, du mouvement qui transforme la caméra en présence hostile.
Si le found footage revient toujours, c'est qu'il recycle chaque nouvelle machine d'enregistrement en machine à inquiétude. Le format vieillit vite, mais sa méfiance envers l'image, elle, ne vieillit pas.
