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Giovanbattista Lobianco - director portrait

Giovanbattista Lobianco

Dans la marge italienne du cinéma d'horreur, Giovanbattista Lobianco porte un nom qui semble déjà appartenir à une affiche retrouvée dans une salle de province. L'Italie a donné au genre tant de fastes que chaque nouveau nom y entre sous une ombre immense. Mais cette ombre n'écrase pas forcément. Elle peut servir de chambre d'écho, surtout pour les cinéastes qui travaillent loin du canon et de ses couleurs trop célèbres.

Lobianco s'inscrit dans cette zone où l'horreur italienne cesse d'être un musée et redevient une pratique. Le pays a longtemps fabriqué des cauchemars à partir d'architectures, de visages, de musiques insistantes, de meurtres stylisés comme des rites. Pourtant, la part la plus intéressante de son héritage ne tient pas seulement à quelques maîtres. Elle tient à une disposition: croire que le cadre peut être baroque même avec peu de moyens, que la violence peut être mentale avant d'être graphique, que le mauvais goût peut parfois dire une vérité plus forte que la correction.

Un cinéaste comme Lobianco, même sans visibilité massive dans le catalogue, permet de penser la survie de cette disposition. Le giallo n'est pas seulement un ensemble de gants noirs et de lames brillantes. C'est une logique de perception détraquée. Quelqu'un regarde mal. Quelqu'un se souvient de travers. Quelqu'un transforme l'enquête en délire optique. Toute présence italienne dans l'horreur contemporaine dialogue, même indirectement, avec cette grammaire de l'incertitude.

Mais il serait paresseux de demander à Lobianco de rejouer les années glorieuses. Les marges récentes du genre italien ont souvent choisi des chemins plus modestes, plus numériques, parfois plus rugueux. Les années 2010 ont produit une horreur d'après l'âge d'or, consciente du poids des références mais incapable de se contenter de la nostalgie. Cette situation peut être féconde. Quand un cinéma sait qu'il vient après ses propres mythes, il peut soit les imiter, soit les laisser pourrir dans un coin et filmer ce qui pousse dessus.

Ce qui intéresse chez Lobianco, c'est précisément cette possibilité de pourriture productive. Le cinéma de genre italien a toujours aimé les matières trop riches: velours, sang, pierre, peau, poussière. Même lorsqu'il devient pauvre, il garde ce goût de la texture. Une cave mal éclairée peut suffire. Un appartement banal peut devenir un théâtre de culpabilité. L'Italie a un talent particulier pour donner aux lieux l'impression d'avoir déjà vu plusieurs crimes, même lorsque le film ne les raconte pas.

Dans une base comme CaSTV, Lobianco n'a pas besoin d'être consacré pour être utile. Il sert à élargir la carte. Il rappelle que l'horreur européenne ne se limite pas aux titres disponibles, aux restaurations luxueuses, aux noms que tout le monde répète. Il existe une circulation plus basse, faite de films difficiles à placer, d'auteurs intermittents, de tentatives qui valent justement par leur imperfection.

Regarder Lobianco, c'est accepter que le cinéma d'horreur soit aussi une affaire de survivance. Les formes reviennent abîmées, déplacées, parfois mal ajustées. Elles ne sont pas mortes pour autant. Au contraire, elles respirent dans ces endroits moins surveillés où la mise en scène peut encore sembler dangereuse, non parce qu'elle invente tout, mais parce qu'elle refuse de nettoyer les traces. Lobianco appartient à cette poussière active, et l'horreur italienne en a toujours eu besoin.

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