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Sergio Martino - director portrait

Sergio Martino

Chez Sergio Martino, le plus intéressant n'est pas de vérifier à quel point la filmographie entre docilement dans la case horreur. Ce qui compte, c'est la manière dont elle rend visibles des formes de menace, de dérèglement et de malaise qui débordent les frontières trop propres du classement. Sur CaSTV, Sergio Martino a sa place parce que les films, qu'ils soient frontalement horrifiques ou plus obliques, reviennent sans cesse vers la peur comme méthode: peur logée dans un décor, dans un corps, dans une institution, dans un rituel, ou simplement dans la texture d'un plan.

La trajectoire doit d'abord se lire dans la durée. L'arc de la carrière ne ressemble pas à une progression lisse, mais à une suite de déplacements tactiques, avec des phases de consolidation puis des bifurcations nettes de ton ou de forme. Autrement dit, l'intérêt de Sergio Martino ne se réduit pas à deux ou trois titres cités par automatisme. Il réside aussi dans la manière dont des œuvres secondaires, des commandes, des détours de ton ou des essais plus libres rééclairent l'ensemble. Certaines périodes accentuent l'efficacité narrative, d'autres préfèrent l'abrasion, l'étrangeté ou une forme d'élégance vénéneuse. Ce sont justement ces déplacements qui rendent la carrière féconde pour une base comme CaSTV et qui justifient les passerelles vers Horreur, Thriller et Supernatural.

Le contexte de pays n'est pas un détail. Pour Sergio Martino, il faut tenir compte de le Japon ou, si la trajectoire déborde nettement ce cadre, d'une circulation plus transnationale des formes et des financements. Le repère national sert à comprendre les routes de production, les rapports entre prestige critique et cinéma d'exploitation, ainsi que les conditions concrètes dans lesquelles un cinéaste rencontre le fantastique ou l'horreur. Un parcours lié à le Japon ne fabrique pas la peur de la même manière qu'un autre porté surtout par les festivals, la télévision ou les marchés de niche.

Pour parler de la période formatrice sans fabriquer une légende artificielle, le plus juste est de revenir à la méthode. Chez Sergio Martino, la phase de formation installe des réflexes que l'on reconnaît vite: instabilité tonale, contrôle formel et porosité constante entre genres. On voit souvent dès les premiers travaux la manière dont un cadre se ferme, dont un rythme se dérègle, dont un visage devient opaque, ou dont un espace banal se charge d'une hostilité sourde. Plus tard, les films les plus accomplis n'inventent pas un autre auteur: ils durcissent, déplacent ou clarifient des gestes déjà là. Cette continuité explique mieux une carrière que la recherche d'un unique chef-d'œuvre fondateur.

Les thèmes comptent ici autant que les intrigues. D'un film à l'autre, Sergio Martino manifeste un goût pour le rituel, la contamination et le recouvrement inquiétant du désir par la menace. Selon les périodes, cela peut faire résonner la filmographie avec Psychological Horror, Ghost, Occult, Body Horror ou les bords plus agressifs du Giallo. L'intérêt n'est pas de distribuer des étiquettes à la chaîne, mais de repérer les vecteurs de peur qui reviennent: emprise, contamination, espace hostile, répétition, pulsion destructrice, ou glissement du quotidien vers une forme de cauchemar social.

Les meilleures lectures reviennent souvent au même paradoxe: l'œuvre peut sembler éclatée au premier regard, alors que ses obsessions demeurent étonnamment cohérentes sur la durée. C'est particulièrement visible chez les cinéastes dont la réputation se redessine avec le temps. Une période peut les consacrer comme auteurs cultes, la suivante les reléguer, puis une restauration, une rétrospective ou un déplacement des goûts critiques les rendre à nouveau centraux. Pour cette raison, la lecture de Sergio Martino gagne à passer aussi par des cadres historiques et curatoriaux: les 2000s, la circulation patrimoniale, ou des rendez-vous comme BIFFF qui rebattent régulièrement la hiérarchie des œuvres.

Il faut également laisser une place à l'irrégularité, ou plus exactement à ce qu'elle révèle. Bien des carrières de genre comprennent des impasses, des travaux alimentaires, des films mutilés par l'industrie, des objets aberrants ou des bifurcations qui déconcertent. Chez Sergio Martino, ces écarts ne sont pas forcément des faiblesses pures. Ils montrent parfois quels motifs résistent même quand le matériau se dérobe. Ils exposent plus crûment une méthode. Ils rappellent surtout qu'une œuvre vivante ne se réduit pas à un alignement rassurant de réussites homologuées.

La meilleure façon d'entrer dans Sergio Martino reste donc comparative. Il faut faire jouer ensemble le pays, les clusters comme Horreur et Thriller, puis des voisinages tels que Folk Horror, Found Footage, Serial Killer ou Survival Horror quand ils éclairent les films. Ensuite, il faut déplacer le regard vers une décennie ou vers un espace festivalier et observer ce qui se recompose. À ce niveau, Sergio Martino cesse d'être une simple notice biographique: il ou elle devient un point d'entrée dans la manière dont l'horreur circule, se transforme et demeure active dans la mémoire critique.

Filmographie

Il paese delle piccole piogge
Il paese delle piccole piogge
2012 · Short
L'allenatore nel pallone 2
L'allenatore nel pallone 2
2008 · Short
Honey Horn
Honey Horn
2000 · Short
Il cielo tra le mani
2000 · Short
A due passi dal cielo
1999 · Short
Mozart Is a Murderer
Mozart Is a Murderer
1999 · Short
Padre papà
1998 · Short
Craving Desire
Craving Desire
1993 · Short
A Bear Called Arthur
A Bear Called Arthur
1992 · Short
The Smile of the Fox
The Smile of the Fox
1992 · Short
After the Condor
After the Condor
1991 · Short
Beyond Kilimanjaro, Across the River of Blood
Beyond Kilimanjaro, Across the River of Blood
1990 · Short
Casablanca Express
Casablanca Express
1989 · Short
The Opponent
The Opponent
1988 · Short
An Australian in Rome
An Australian in Rome
1987 · Short
Provare per credere
1987 · Short
Ferragosto O.K.
Ferragosto O.K.
1986 · Short
Hands of Steel
Hands of Steel
1986 · Short
Mixed Double
Mixed Double
1986 · Short
Half Right Half Left - 2 Footballers Without a Ball
Half Right Half Left - 2 Footballers Without a Ball
1985 · Short
L'allenatore nel pallone
L'allenatore nel pallone
1984 · Short
2019: After the Fall of New York
2019: After the Fall of New York
1983 · Short
Acapulco, Last Beach... on the Left
Acapulco, Last Beach... on the Left
1983 · Short
If All Goes Well We Are Ruined
If All Goes Well We Are Ruined
1983 · Short
Occhio, malocchio, prezzemolo e finocchio
Occhio, malocchio, prezzemolo e finocchio
1983 · Short
Don't Play with Tigers
Don't Play with Tigers
1982 · Short
Cream Horn
Cream Horn
1981 · Short
Spaghetti at Midnight
Spaghetti at Midnight
1981 · Short
Sugar, Honey and Pepper
Sugar, Honey and Pepper
1980 · Short
The Wife on Vacation... The Lover in Town
The Wife on Vacation... The Lover in Town
1980 · Short
Saturday, Sunday and Friday
Saturday, Sunday and Friday
1979 · Short
A Man Called Blade
A Man Called Blade
1977 · Short
Love in 4 Easy Lessons
Love in 4 Easy Lessons
1976 · Short
Sex with a Smile
Sex with a Smile
1976 · Short
Gambling City
Gambling City
1975 · Short
Silent Action
Silent Action
1975 · Short
The Suspicious Death of a Minor
The Suspicious Death of a Minor
1975 · Short
High School Girl
High School Girl
1974 · Short
The Beautiful Summer
The Beautiful Summer
1974 · Short
Giovannona Long-Thigh
Giovannona Long-Thigh
1973 · Short
The Violent Professionals
The Violent Professionals
1973 · Short
Toutes les couleurs du vice
Toutes les couleurs du vice
1972 · Feature
Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé
Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé
1972 · Feature
The Case of the Scorpion's Tail
The Case of the Scorpion's Tail
1971 · Short
Arizona Colt Returns
Arizona Colt Returns
1970 · Short
Naked and Violent
Naked and Violent
1970 · Short
Wages of Sin
Wages of Sin
1969 · Short