Josh Collins
Josh Collins arrive dans CaSTV avec un prénom et un nom d'une simplicité presque trompeuse, typiques d'une horreur anglophone qui aime cacher le dérèglement derrière l'ordinaire. Ce crédit unique appelle une lecture par la surface: rien, dans un nom pareil, ne promet d'emblée le gothique ou l'excès. Justement. Le cinéma de genre sait que la peur contemporaine se loge souvent dans ce qui ne se présente pas comme exceptionnel.
Collins semble appartenir à une horreur du quotidien fonctionnel. On n'y cherche pas forcément des ruines, des cryptes ou des mythes anciens. On y cherche un espace disponible à la menace: un appartement, une route, une fête, un bureau, un écran. Le fantastique moderne est devenu très fort pour montrer que les lieux les plus récents ne sont pas moins hantables que les châteaux. Ils ont seulement d'autres fantômes, faits de fatigue, d'isolement et de données mal comprises.
Cette sensibilité rejoint le thriller psychologique lorsque la tension dépend de la confiance accordée aux signes. Un message est-il un avertissement ou une manipulation? Un visage calme cache-t-il la panique ou le mensonge? Une coïncidence est-elle encore une coïncidence après la troisième répétition? Collins intéresse dans cette zone où l'horreur ne se distingue pas toujours immédiatement du soupçon. Le genre commence au moment où l'interprétation devient dangereuse.
Les années 2010 ont donné beaucoup d'espace à cette forme de cinéma resserré. Les productions indépendantes ont appris à faire peur avec des objets très proches du spectateur: téléphone, caméra de surveillance, maison louée, conversation enregistrée. Collins appartient à cette culture de la proximité. La peur n'a plus besoin d'un ailleurs spectaculaire. Elle peut passer par une interface banale, par une mauvaise lecture, par l'impression que le monde ordinaire a commencé à répondre de travers.
On peut aussi situer ce travail dans l'horreur psychologique, surtout si l'on comprend la psychologie non comme explication, mais comme champ de bataille. Les personnages ne sont pas seulement attaqués. Ils sont amenés à douter de la validité de leurs réactions. La peur les rend plus lucides et plus vulnérables à la fois. Cette contradiction est l'un des moteurs les plus solides du genre.
Le crédit unique de Collins a une valeur dans CaSTV parce qu'il rappelle l'importance des signatures de bord. Le cinéma d'horreur n'avance pas seulement par figures majeures. Il avance par essais, par formats modestes, par cinéastes qui testent une idée dans un espace limité. Ces objets comptent parce qu'ils gardent au genre sa capacité de réaction rapide. Ils sentent l'époque avant que les grandes formes aient eu le temps de la digérer.
Josh Collins mérite donc d'être abordé comme un cinéaste de l'inquiétude ordinaire. Son cinéma paraît prendre au sérieux la fragilité des routines modernes. On travaille, on répond, on rentre, on ferme la porte, on regarde un écran. Puis quelque chose, presque rien, cesse de correspondre. Cette minuscule rupture suffit. L'horreur ne demande pas plus pour commencer à réorganiser le monde autour d'une question simple: depuis quand ce quotidien préparait-il sa propre menace?
