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Hugo Loiseleux, Elisa Hazebrouck, - director portrait

Hugo Loiseleux, Elisa Hazebrouck,

Hugo Loiseleux et Elisa Hazebrouck s'annoncent comme une signature française à deux têtes, ce qui donne d'emblée au geste d'horreur une dynamique de dialogue. En France, le cinéma fantastique avance souvent entre élégance formelle, cruauté sèche et méfiance envers les catégories trop simples. Un duo peut accentuer cette tension: deux regards pour organiser le malaise, deux sensibilités pour décider jusqu'où pousser le trouble.

La France a une relation paradoxale avec l'horreur. Elle l'a longtemps tenue à distance dans ses discours les plus officiels, tout en produisant des films d'une violence mentale ou corporelle remarquable. Ce refoulement critique a fini par devenir une force. Le genre français surgit souvent comme une contestation de la bonne tenue: il abîme les familles, les institutions, les corps, les paysages cultivés. Il rappelle que le goût peut être une prison.

Loiseleux et Hazebrouck entrent dans cette histoire par la marge, et c'est une bonne place. Le film d'horreur français contemporain n'a pas seulement besoin de longs métrages consacrés. Il se nourrit de courts, de formes hybrides, de travaux d'école, de projets où l'on teste une atmosphère avant de construire un système. Une signature partagée y devient un laboratoire. Le film ne porte pas seulement une idée; il porte une négociation entre deux manières de la rendre visible.

Les années 2020 ont donné à ces formes une visibilité accrue, notamment grâce aux festivals qui savent reconnaître la précision d'un court métrage de genre. Dans un court, l'horreur n'a pas le temps de se justifier. Elle doit choisir un point d'attaque. Ce peut être un son, un visage, un rituel domestique, une image de corps trop proche. Un duo de cinéastes peut y trouver une forme de concentration très efficace.

Ce qui intéresse dans l'association Loiseleux et Hazebrouck, c'est aussi la possibilité d'une horreur de la relation. Le fait même de créer à deux invite à penser les conflits de regard, les rapports de pouvoir, les zones où l'un voit ce que l'autre refuse. Beaucoup de récits d'épouvante commencent ainsi: deux personnes partagent un espace, mais pas la même réalité. Le cinéma peut alors rendre cette divergence sensible par le montage, par le champ contrechamp, par la durée accordée à une hésitation.

La tradition française offre également une matière intellectuelle dangereuse. Elle aime expliquer, analyser, commenter. L'horreur réussie doit parfois lutter contre cette tentation. Elle doit laisser une part d'opacité, accepter que l'image sache plus que le discours. Loiseleux et Hazebrouck, en tant que présence émergente, peuvent être lus à travers ce défi: trouver la forme qui pense sans se mettre à disserter.

Dans CaSTV, leur nom composé agit comme un rappel de la dimension collective du cinéma de genre. Le spectateur voit un film, mais derrière lui se trouvent des alliances, des frictions, des pactes de mise en scène. Cette dimension est particulièrement importante pour l'horreur, qui exige une confiance très concrète entre ceux qui fabriquent l'image. Il faut décider ensemble de ce qui sera montré, caché, retenu, livré trop tard.

Loiseleux et Hazebrouck représentent donc une entrée française vers une peur construite à plusieurs mains. Elle n'a pas besoin de grandeur patrimoniale pour exister. Elle peut tenir dans une idée nette, une atmosphère tenue, une violence de perception. Le cinéma d'horreur français a toujours eu ses salons et ses caves. Un duo comme celui-ci donne envie de descendre vérifier ce qui bouge dans la cave.

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