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Carlos Nahuel Cerutti

Carlos Nahuel Cerutti porte dans son nom une géographie sud américaine probable, avec Nahuel comme éclat mapuche ou patagonien au milieu d'une structure hispanique et italienne. Cette combinaison suffit à distinguer son entrée dans CaSTV. Son unique crédit ne se prête pas à la biographie pleine, mais il ouvre vers un imaginaire de territoires, de lignées mêlées, de paysages où le fantastique peut surgir comme mémoire du sol.

L'horreur latino américaine récente a profondément renouvelé le genre en refusant de séparer le monstre de l'histoire. Les dictatures, les violences familiales, les terres confisquées, les croyances rurales et les villes précaires y composent une matière brûlante. Cerutti, même sans pays précisé, peut être situé près de cette zone du cinéma latino américain où la peur n'est jamais purement privée. Elle remonte d'un collectif blessé.

Le prénom Nahuel est important. Il évoque un animal mythique, des langues autochtones, une relation au territoire qui ne se laisse pas réduire au pittoresque. Dans le cinéma d'horreur, ce type de résonance peut devenir puissant si le film ne l'utilise pas comme décor exotique, mais comme rappel que les lieux ont une histoire plus longue que les personnages. Le paysage n'est pas vide. Il a été nommé avant nous.

Le court métrage est capable de porter cette densité sans l'expliquer lourdement. Un plan de terrain vague, une route de province, une maison au bord d'une ville, un silence familial autour d'un nom peuvent suffire. Le court fonctionne alors comme un fragment de légende contemporaine. Il ne raconte pas tout. Il montre le point où le réel, déjà chargé de violence, devient impossible à maintenir sous forme réaliste.

Les années 2020 ont vu circuler beaucoup de films de genre sud américains dans les festivals internationaux, souvent avec une vigueur politique que l'horreur nord américaine a parfois perdue sous le vernis de la franchise. CaSTV accueille ces objets parce qu'ils rappellent une évidence: la peur change de forme selon la terre qui la produit. Elle n'est pas universelle au sens plat. Elle devient partageable parce qu'elle reste située.

Carlos Nahuel Cerutti, avec son seul crédit, représente cette possibilité d'un fantastique du territoire. Il peut s'agir d'une chambre, d'un village, d'une route, mais l'espace compte toujours comme mémoire. Une menace n'arrive pas simplement dans le décor. Elle en sort. Elle était peut être le décor lui même, mal regardé, mal nommé, traité comme arrière plan alors qu'il attendait son tour.

Cette notice doit donc garder une tension entre prudence et attention. Il serait faux de transformer Cerutti en porte parole d'un continent. Il serait tout aussi pauvre de traiter son nom comme une donnée neutre. Entre horreur psychologique et hantise territoriale, il occupe une place de signe. Un signe bref, mais riche. Dans une base de genre, cela compte: certains cinéastes entrent par la grande porte de la célébrité, d'autres par un nom qui contient déjà une carte et une inquiétude.

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