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Abbas Tahaie - director portrait

Abbas Tahaie

Abbas Tahaie apparaît dans CaSTV comme une entrée iranienne sans crédit catalogué, et cette seule origine suffit à déplacer le rapport au fantastique. L'Iran n'aborde pas la peur comme une simple réserve d'effets. Son cinéma travaille souvent par contrainte, par suggestion, par morale implicite, par un art du hors champ qui peut rendre l'invisible plus lourd que l'apparition.

Le cinéma iranien est mondialement reconnu pour son réalisme, mais ce réalisme a toujours contenu une part de trouble. Les maisons, les routes, les villages, les appartements et les regards d'enfants y deviennent des espaces d'interrogation presque métaphysique. Lorsque le fantastique ou l'horreur s'y glisse, il n'arrive pas comme un intrus spectaculaire. Il se loge dans une fissure du quotidien, dans une règle sociale, dans une faute que personne ne peut nommer directement.

Tahaie, avec zéro crédit relié dans le catalogue, doit être abordé comme une présence d'archive en attente. Le nom existe, le pays est indiqué, mais l'oeuvre n'est pas encore visible ici. Cette situation convient étonnamment à une tradition où le non-dit possède une grande force. La fiche elle-même devient un hors champ documentaire. Elle dit qu'il y a une place, mais pas encore l'image qui l'occupera.

Le voisinage du cinéma fantastique est important, surtout dans un contexte iranien où le surnaturel peut passer par l'allégorie, le rêve, la parabole ou la fable inquiète. Le fantastique n'a pas toujours besoin de nommer ses fantômes. Il peut faire sentir que le monde est soumis à une loi que les personnages ne comprennent pas. Il peut transformer une situation ordinaire en épreuve morale, puis laisser le spectateur décider si la menace vient du dehors ou du dedans.

Depuis les années 2010, plusieurs cinémas nationaux longtemps associés au drame réaliste ont vu leurs formes de genre circuler plus largement dans les festivals et les plateformes. Cette circulation reste inégale. Les bases comme TMDB, MUBI ou Letterboxd répertorient certaines traces, en perdent d'autres, confondent parfois des noms ou des titres. Un réalisateur comme Abbas Tahaie, dans CaSTV, témoigne de cette mémoire encore partielle.

Il faut résister à la tentation de remplir le vide par des certitudes. Ce que l'on peut dire tient à la place: un nom iranien, aucun crédit rattaché, une possible proximité avec une horreur de l'implicite. C'est déjà une configuration critique. L'horreur n'est pas toujours dans le film montré. Elle est aussi dans le système qui oblige à détourner, à condenser, à faire passer l'inquiétude par un geste minuscule.

Le lien avec le cinéma d'horreur iranien éventuel se joue donc dans la tension entre visibilité et retrait. Un cri trop direct peut être moins puissant qu'un silence imposé. Une apparition expliquée peut compter moins qu'une absence impossible à classer. Cette esthétique de la retenue, qu'elle soit choisie ou contrainte, donne aux films une qualité particulière: la peur y devient une affaire de perception morale.

Dans CaSTV, Abbas Tahaie est une coordonnée iranienne encore obscure, mais pas inutile. Les catalogues de genre doivent garder ces zones d'attente, car elles préparent les découvertes futures et empêchent l'histoire de se refermer sur les seuls pays les mieux distribués. Tahaie existe ici comme une porte non ouverte. Dans le cinéma de peur, une porte non ouverte est déjà un événement.

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