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Parsa Zahedi - director portrait

Parsa Zahedi

Le nom de Parsa Zahedi s'inscrit dans une génération iranienne qui a compris que le genre pouvait servir de laboratoire discret pour parler d'enfermement, de jeunesse et de réalités sociales étouffées. L'intérêt de son travail tient précisément à ce point de tension : comment produire du récit, du trouble et parfois de l'effroi dans un contexte où les formes doivent souvent passer par le détour, l'allusion, le décalage de ton. Zahedi ne vient pas d'un cinéma de la démonstration. Il travaille plutôt les marges, les glissements, les zones où le quotidien devient légèrement instable.

Cette orientation a du poids dans le contexte de l'Iran contemporain. Là où le cinéma iranien reste souvent identifié à juste titre par son réalisme moral, son épure ou sa puissance métaphorique, Parsa Zahedi représente une autre veine, plus ouverte aux circulations du fantastique, du suspense ou de la comédie noire. Cela ne signifie pas qu'il abandonne les enjeux du réel. Au contraire, le détour générique permet souvent de faire apparaître autrement les contraintes, les frustrations et les blocages qui structurent l'expérience collective.

Il faut voir comment cette pratique se place dans le prolongement des Années 2010 et des Années 2020, lorsque nombre de cinéastes hors des circuits dominants ont réinvesti le Fantastique ou le Thriller comme outils de déplacement critique. Chez Zahedi, l'imaginaire n'est pas une fuite hors du monde. Il devient au contraire une manière de le comprimer, d'en faire sentir les pressions invisibles. Une situation apparemment légère peut alors charrier une vraie tension politique ou existentielle.

Ce qui rend cette œuvre digne d'attention, c'est aussi sa relation à la jeunesse. Parsa Zahedi semble attentif aux personnages qui vivent entre aspiration et blocage, entre désir de mouvement et limitation structurelle. Le genre lui permet d'inscrire cette condition dans des récits plus nerveux, plus mobiles, parfois plus ironiques que ceux auxquels on associe spontanément le cinéma iranien. C'est une manière de capter le présent sans se soumettre entièrement à la gravité programmatique.

Le ton, justement, est essentiel. On sent chez lui un goût pour l'écart, pour la variation de registre, pour un certain flottement entre comédie, menace et mélancolie. Ce mélange est souvent le signe d'un cinéma qui refuse les catégories stables. Il ne s'agit pas simplement d'ajouter des éléments de genre à un drame social déjà connu. Il s'agit de laisser les formes se contaminer, de faire entendre qu'une société sous tension produit des affects contradictoires, des élans absurdes, des images qui hésitent entre soulagement et angoisse.

Pour une plateforme comme CaSTV, Parsa Zahedi a donc une valeur particulière. Il ouvre une porte vers des usages iraniens du trouble cinématographique qui échappent aux visions trop étroites du cinéma national. Il rappelle qu'une culture filmique ne se réduit jamais à ses formes consacrées à l'international. Il existe toujours des lignes latérales, des cinéastes qui prennent des matériaux populaires, les ajustent à des contraintes locales, et trouvent dans ce frottement une vraie singularité.

Voir Zahedi, c'est accepter un cinéma du passage, pas encore figé en grande œuvre stabilisée, mais déjà parlant dans ce qu'il tente. On y lit un rapport au réel qui ne renonce ni au plaisir du récit ni au besoin de déplacement symbolique. Et c'est souvent dans ces zones intermédiaires que naissent les films les plus révélateurs d'une époque.

Parsa Zahedi apparaît ainsi comme une figure utile pour penser un Iran de genre, mobile, inventif, moins visible que d'autres traditions mais loin d'être secondaire. Son cinéma, lorsqu'il touche juste, rappelle que le fantastique et le suspense peuvent devenir des outils de respiration critique. Non pour masquer le réel, mais pour mieux en faire sentir les parois.

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