Fantasia International Film Festival
Fantasia s'est imposé depuis 1996 comme la référence nord-américaine du cinéma de genre, et il le fait sans demander la permission à personne. Trois semaines d'été à Montréal, un public qui réagit à voix haute, une programmation qui fait cohabiter horreur, animation, films asiatiques, science-fiction, délires hybrides et cinéma indépendant local : peu de festivals savent aussi bien habiter leur propre ligne éditoriale. À l'échelle du Québec, c'est une institution. À l'échelle internationale, c'est un carrefour.
La grande force de Fantasia tient à sa capacité de détection. Le festival a souvent servi de point d'entrée nord-américain pour des films qui allaient ensuite compter très lourd dans le circuit mondial. Train to Busan, One Cut of the Dead, Raw ou The Sadness y trouvent immédiatement leur place, parce que Fantasia sait très bien programmer ce qui frappe fort, ce qui dérive, ce qui déborde. Son rapport privilégié au cinéma asiatique n'est pas un gimmick historique. C'est l'un des socles de son identité.
Fantasia compte aussi parce qu'il relie le goût du public à une vraie conscience de programmation. Sections parallèles, industrie, présence des cinéastes, attention constante aux premiers films et à la scène locale : tout cela lui donne une profondeur que n'ont pas tous les festivals de genre. Là où d'autres vendent surtout l'ambiance, Fantasia vend encore d'abord une vision du cinéma. C'est ce qui le maintient si vivant.
