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Percolate Galactic

Percolate Galactic ressemble d'abord à un nom de laboratoire cosmique, et cette étrangeté nominale est déjà une piste de lecture. Dans un catalogue d'horreur, une signature ainsi formulée ne promet pas le réalisme de prestige. Elle annonce plutôt un travail de vibration, de bricolage, d'imaginaire peut-être collectif, où le fantastique peut passer par l'abstraction, l'espace, la matière sonore ou l'humour étrange. Deux crédits suffisent à poser cette présence comme un signal: quelque chose percole, justement, entre la science-fiction artisanale et le cauchemar périphérique.

L'horreur a toujours eu besoin de noms qui ne se comportent pas comme des noms civils. Percolate Galactic s'inscrit dans cette tradition de signatures presque performatives, proches des collectifs vidéo, des pseudonymes d'artistes, des créateurs de courts expérimentaux. Le genre y gagne une liberté immédiate. On n'attend plus le portrait psychologique classique. On attend une expérience. Dans le cinéma expérimental, la peur peut naître d'une texture, d'une fréquence, d'une répétition visuelle. Elle n'a pas besoin d'une intrigue complète. Elle a besoin d'un état.

Le mot Galactic ouvre aussi vers la science-fiction, mais une science-fiction pauvre au meilleur sens du terme: pauvre en monumentalité, riche en invention. Les récits spatiaux à petit budget ont souvent produit une angoisse très spécifique. L'espace n'y est pas seulement l'infini, mais l'impossibilité de revenir à une échelle humaine. Une lumière artificielle, un costume bricolé, une voix filtrée, une maquette ou un écran peuvent suffire à faire sentir l'isolement. Lorsque l'horreur rencontre cette économie, elle cesse de chercher le monstre parfait et découvre la puissance du décalage.

Percolate Galactic doit être pensé dans le contexte des années 2020, où les outils numériques permettent à des créateurs de fabriquer des mondes étranges avec des moyens limités. Cette démocratisation n'a pas seulement multiplié les images. Elle a changé la grammaire du genre. Les films peuvent désormais ressembler à des transmissions, des jeux cassés, des archives fausses, des vidéos trouvées dans une machine qui ne devrait plus fonctionner. L'horreur devient une affaire de format autant que de récit. Le support lui-même paraît contaminé.

Ce type de travail dialogue naturellement avec le found footage et ses descendants, même lorsqu'il ne respecte pas strictement ses règles. Ce qui compte, c'est l'idée que l'image n'est pas neutre. Elle arrive d'un appareil, d'un réseau, d'un protocole. Elle a une origine suspecte. Percolate Galactic, par son nom même, semble appartenir à une zone où l'auteur se confond avec la machine de diffusion. Qui parle? Qui filme? Quelle entité organise le flux? Ces questions sont plus intéressantes que la simple identification biographique.

Dans CaSTV, une telle présence a une fonction essentielle. Elle empêche l'horreur d'être réduite au long métrage narratif traditionnel. Le genre vit aussi dans les capsules, les courts, les faux documents, les vidéos d'art, les objets qui circulent entre festival spécialisé et internet profond. Les deux crédits associés à Percolate Galactic peuvent être lus comme deux fragments d'une esthétique de la transmission détraquée. Ce n'est pas une faiblesse. C'est une forme adaptée à un présent où les images nous arrivent déjà abîmées, compressées, sorties de leur contexte.

Il faut donc accueillir Percolate Galactic comme une signature d'atmosphère et de dispositif. Là où d'autres cinéastes construisent un monde par personnages et dialogues, celui-ci semble annoncer un monde par signal, par nom, par fréquence. La peur n'est peut-être pas dans ce qui apparaît à l'écran, mais dans l'idée que l'écran a commencé à travailler pour autre chose que nous. C'est une intuition très ancienne du fantastique, remise à jour par les technologies ordinaires. Le surnaturel n'a plus besoin d'un château. Il lui suffit d'une interface et d'un bruit de fond.

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