Josh Greenbaum
Avec Barb and Star Go to Vista Del Mar, Josh Greenbaum a signé une comédie américaine qui semble d'abord sortir d'une autre époque, une époque où l'absurde pop, les couleurs idiotes, les chansons surgies de nulle part et la stupidité parfaitement assumée n'avaient pas encore été écrasés par le cynisme ou la pure référence. C'est un film très précieux parce qu'il ose la bêtise inventive. Greenbaum y montre qu'il sait traiter le ridicule non comme une gêne à justifier, mais comme une forme de liberté.
Son parcours mêle documentaire, télévision et fiction comique, ce qui explique sans doute cette capacité à doser l'observation et l'outrance. Il comprend le comportement, la gêne sociale, les rythmes de la parole, puis il accepte de pousser tout cela vers une stylisation presque cartoonesque. Cette double compétence n'est pas si fréquente. Beaucoup de comédies contemporaines savent être méta. Très peu savent encore être franchement drôles par le seul travail du tempo, du cadre et de l'engagement des interprètes.
Dans les États-Unis des Années 2020, où la comédie de studio a perdu une bonne partie de sa centralité culturelle, Greenbaum représente une possibilité intéressante. Non pas celle d'un retour nostalgique au passé, mais celle d'une réactivation du plaisir formel propre au genre. Le soleil artificiel, les compositions frontales, l'accumulation de détails idiotes, l'investissement total des acteurs dans la plus grande absurdité, tout cela produit chez lui un monde cohérent. La comédie y redevient une question de construction, pas seulement de vanne.
Il faut aussi souligner qu'un film comme Barb and Star Go to Vista Del Mar prend au sérieux des personnages féminins que le cinéma dominant traiterait souvent comme accessoires ou comme blague méprisante. Greenbaum et ses collaboratrices comprennent qu'il y a là une vraie énergie de décalage : deux héroïnes d'âge moyen, naïves, sentimentales, verbales, catapultées dans un univers d'espionnage tropical délirant. Le film transforme cette prémisse en fête du désajustement.
Le comédie contemporain souffre souvent d'une peur visible de paraître stupide, peur qui se compense par l'ironie ou le commentaire. Greenbaum fait le pari inverse. Il accepte la couleur criarde, la chanson insistante, le gag prolongé au-delà du raisonnable. Cette absence de honte est en elle-même une qualité de mise en scène. Elle permet au film d'inventer son propre climat, de trouver une sincérité paradoxale au cœur du nonsense.
Josh Greenbaum n'a pas encore une œuvre immense, mais il possède déjà une qualité rare : la confiance dans le pouvoir autonome de la comédie. Pas comme sous-produit jetable, pas comme simple véhicule pour des personnalités, mais comme univers de forme. À une époque où le rire au cinéma est souvent rabattu sur le sarcasme ou le clin d'œil, cette confiance a quelque chose de presque subversif.
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