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Gary Goddard - director portrait

Gary Goddard

Gary Goddard reste associé à Masters of the Universe, grand objet de fantasy américaine des années 1980, et cette provenance spectaculaire donne à son entrée dans CaSTV une couleur très particulière. Il ne vient pas d'abord du souterrain indépendant, mais du monde des décors massifs, des corps héroïques, des machines de parc et du divertissement total. Son rapport au genre passe par l'excès construit, par la scène comme attraction, par l'image qui veut être plus grande que la salle.

Dans le voisinage du fantastique et du cinéma d'horreur, Goddard incarne une figure différente de l'auteur anxieux ou du styliste minimal. Il appartient à une lignée d'artisans pour qui la mise en scène est aussi une architecture. Le monstre, le palais, le rayon lumineux, le costume, la menace cosmique: tout relève d'une conception de l'espace où le spectateur doit être pris en charge physiquement. L'horreur, chez ce type de créateur, flirte avec le spectacle forain.

Les années 1980 ont produit beaucoup de ces objets hybrides, ni tout à fait films d'horreur, ni simples aventures pour enfants, mais cauchemars pop filtrés par le jouet, la bande dessinée, la télévision et la mythologie de studio. Goddard se comprend dans cette économie. Le genre n'y avance pas par subtilité psychologique. Il avance par silhouettes. Un casque, un trône, une arme, une créature secondaire peuvent devenir plus mémorables qu'une intrigue entière.

Cette esthétique de l'attraction a sa place dans CaSTV parce que l'horreur ne se limite pas au naturalisme de la peur. Elle inclut aussi les formes qui ont appris à des générations de spectateurs à aimer le bizarre par le détour du spectacle familial ou de la fantasy noire. Le cinéma populaire des années 1980 a souvent introduit l'épouvante sous couvert d'aventure. Les enfants y voyaient des mondes colorés. Les adultes y retrouvaient des rituels, des tyrans, des corps transformés, des menaces d'asservissement.

Goddard, avec un seul crédit dans le catalogue, n'est donc pas une présence marginale au sens faible. Il est un rappel de la porosité du genre. Le même geste qui construit une attraction peut produire de l'inquiétude. Le même goût du décor monumental peut faire naître une sensation de monde hostile. La scène spectaculaire, lorsqu'elle est poussée assez loin, rejoint le cauchemar par saturation. Il y a trop de signes, trop de matière, trop de pouvoir visible.

Dans un horizon de programmation comme Fantasia, cette lecture a tout son sens. Les festivals de genre savent regarder les films populaires non comme des curiosités embarrassantes, mais comme des laboratoires d'imaginaire. Gary Goddard appartient à cette histoire de la fantasy américaine où l'horreur est présente par débordement, dans les masques, les machines, les souverains monstrueux et les mondes qui semblent construits pour emprisonner le regard. Sa fiche CaSTV ouvre cette porte-là, bruyante, artificielle, mais pleine d'ombres.

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