https://cabaneasang.tv/fr/director/david-hartman/
David Hartman - director portrait

David Hartman

Avec Phantom of the Mall: Eric's Revenge du côté de l'imaginaire commercial contaminé, puis des travaux plus proches de l'horreur indépendante, David Hartman touche à un motif très américain: le lieu de consommation ou de sociabilité retourné contre ceux qu'il devait accueillir. Cette idée suffit à lui donner une couleur particulière. Hartman aime les environnements familiers devenus impraticables, les cadres quotidiens glissant vers l'agression, les architectures banales révélées comme scènes de massacre ou de dérive. Des Années 1980 aux Années 2010, cela constitue une ligne lisible.

Son cinéma de genre fonctionne d'abord par clarté de situation. Il ne complique pas inutilement les prémisses. Il préfère lancer un groupe, un lieu, une menace, puis observer la manière dont la logique de survie se met en place. Cette franchise n'a rien de simpliste. Elle permet au contraire de concentrer le travail là où il compte: la circulation dans l'espace, l'organisation des confrontations, la gestion des révélations et du tempo. Dans le genre, cette maîtrise du squelette narratif est souvent plus importante qu'une supposée sophistication.

Hartman semble également comprendre que le slasher et ses variantes reposent sur un rapport physique au décor. Un centre commercial, une rue, un complexe de loisirs, une structure de fête, tout devient intéressant dès lors qu'on en lit les lignes de fuite et les impasses. Les lieux ne sont jamais neutres. Ils distribuent les possibilités de fuite, de dissimulation et de mise à mort. Lorsqu'un cinéaste sait cela, chaque séquence gagne en lisibilité et en tension. Le spectateur ne regarde plus seulement des gens courir; il voit une architecture décider de leurs chances.

Il y a en outre chez Hartman un goût pour la dimension légèrement excessive, presque baroque, de certaines figures de la vengeance et de la monstruosité. Cette exagération n'annule pas l'efficacité, elle l'oriente. Le film accepte alors de devenir spectacle cruel, jeu de poursuite et fantaisie noire en même temps. À condition d'être tenu avec sérieux, ce mélange peut produire un plaisir de cinéma très franc. Hartman sait généralement rester du bon côté de cette ligne: celui où l'iconographie nourrit l'action au lieu de l'écraser.

L'intérêt de son travail tient aussi à ce qu'il conserve quelque chose d'une culture populaire non raffinée au mauvais sens du terme. Ce n'est pas un cinéma qui cherche à se blanchir pour séduire un regard de prestige. Il accepte le caractère direct, bricolé parfois, mais énergique des formes d'horreur de consommation. Et ce pragmatisme a sa vertu. Il rappelle que la peur filmée peut aussi être un art de la traction immédiate, du piège simple bien exécuté, de l'espace soudain hostile.

Pour CaSTV, David Hartman représente ainsi une ligne franche du cinéma d'exploitation et du slasher élargi, une ligne où le décor social devient terrain d'élimination. Ses films peuvent être vus comme des machines modestes, mais leur modestie n'exclut ni l'invention visuelle ni la brutalité ludique. Au contraire, elle les oblige à aller droit à l'essentiel: un lieu, une menace, une circulation, une série de choix mauvais ou trop tardifs. Parfois, c'est exactement ce qu'il faut pour que le genre retrouve sa netteté.

Suggérer une modification