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Anthony Hickox - director portrait

Anthony Hickox

Avec Waxwork, Anthony Hickox transforme le musée des monstres en machine à citations, en fête gore et en terrain de jeu pour un cinéma d'horreur qui sait très bien qu'il arrive après toute une histoire du genre. Cette conscience tardive, presque insolente, définit son meilleur travail. Hickox ne cherche pas la pureté. Il aime le mélange du macabre, du second degré, du spectacle sanguinolent et de la référence assumée. Son cinéma avance avec l'énergie d'un fan qui aurait assez de métier pour faire tenir ses passions à l'écran.

Fils du réalisateur Douglas Hickox, Anthony travaille entre le Royaume-Uni et les circuits plus internationaux du film de genre, dans un moment où l'horreur des années 1980 et des années 1990 se nourrit de vidéo, de culture pop et d'une forte conscience de ses propres codes. Hickox comprend que l'époque ne demande plus le gothique solennel, mais une forme de vitesse citationnelle, un plaisir du grand écart entre hommage et excès. Ses films les plus réussis jouent exactement sur cette ligne.

Ce qui les rend sympathiques, et parfois plus que cela, c'est qu'ils ne méprisent jamais le plaisir du spectateur. Hickox sait construire une attraction, organiser des morceaux de bravoure, doser l'hémoglobine, faire entrer l'humour au bon moment. Mais réduire son travail à un amusement potache serait trop facile. Il y a chez lui une vraie intelligence du musée imaginaire du cinéma d'horreur. Quand il fait surgir vampires, loups-garous, savants fous ou tueurs fétichisés, il mobilise tout un héritage de formes déjà connues, qu'il remet en circulation avec une énergie neuve.

Cette capacité à travailler le déjà-vu sans l'épuiser distingue Hickox de tant de produits opportunistes de la même période. Il sait que le spectateur reconnaît les codes et attend d'être surpris à l'intérieur même de cette reconnaissance. D'où son goût pour les dispositifs ludiques, les mondes emboîtés, les variations sur les figures classiques. Son cinéma ressemble parfois à une fête foraine du genre, mais une fête foraine qui aurait bien lu ses manuels de monstres.

On pourrait lui reprocher une inégalité évidente, et ce ne serait pas faux. Comme beaucoup de cinéastes de genre travaillant avec des contraintes variables, Hickox passe par des résultats parfois plus fonctionnels que mémorables. Pourtant cette irrégularité ne doit pas masquer l'essentiel. Il appartient à une génération qui a maintenu vivant un certain cinéma fantastique intermédiaire, entre le prestige studio disparu et l'indépendance bricolée, en acceptant la contamination de la vidéo, du clip et de l'humour postmoderne.

Formellement, il privilégie l'élan, les effets appuyés, le rythme des révélations, la lisibilité immédiate des archétypes. Ce n'est pas un cinéaste de la suggestion minimaliste. C'est un cinéaste du plaisir frontal, du monstre exhibé, du mécanisme de genre assumé. Quand cela fonctionne, cette franchise devient une qualité.

Anthony Hickox garde ainsi une place singulière dans le cinéma fantastique et horrifique anglo-saxon. Ses films rappellent qu'un cinéma de références peut être autre chose qu'un exercice stérile, à condition d'y injecter assez d'appétit, d'humour et de métier. Il n'a peut-être pas réinventé le genre, mais il a su lui offrir quelques belles nuits de carnaval sanglant.

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