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LGBTQ+

thématique

Présentation : LGBTQ+

Le tag LGBTQ+ est essentiel pour l'horreur parce que le genre a toujours travaillé des expériences de secret, de désir illégitime, de visibilité dangereuse, de double vie, de corps perçu comme anomalie, de communauté cachée et de violence normative. Bien avant que la représentation explicite ne se développe, de nombreux spectateurs queer ont reconnu dans les monstres, les vampires, les métamorphoses, les hantises et les figures de l'outsider quelque chose de familier. Sur CaSTV, LGBTQ+ ne renvoie donc pas seulement à des personnages identifiés comme tels. Il désigne aussi une histoire de regards, de codes, de contre-lectures et d'auteurs.

Le lien est d'abord structurel. L'horreur connaît le placard, l'assignation, la honte, le regard policier, le désir qui se vit dans la peur d'être découvert. C'est pour cela que le tag dialogue si fortement avec vampire, body-horror, psychological-horror et supernatural. Le vampire unit la séduction, la contagion fantasmée, la communauté clandestine et la peur de l'appétit. Le body horror parle au plus près de la transformation, de la dysphorie, des assignations et de la dépossession du corps. Le psychologique travaille la surveillance de soi. Le surnaturel permet de rendre visible une différence que le monde préfère nier.

Il ne faut pas lisser l'histoire du genre. Une partie importante du cinéma d'horreur a codé les figures queer comme monstruosités, perversions ou déviances punissables. Mais même dans ces formes hostiles, beaucoup de spectateurs ont trouvé des surfaces d'identification inattendues. Le monstre élégant, la créature trop désirante, le corps qui refuse la norme, la maison peuplée d'intensités interdites, tout cela pouvait être lu contre le texte. Le tag LGBTQ+ sur CaSTV doit garder cette complexité : il ne sert pas à blanchir l'histoire du genre, mais à la rendre plus lisible.

Le contemporain apporte évidemment d'autres possibilités. Le désir queer n'est plus condamné à circuler uniquement dans le sous-texte. La famille choisie, la violence religieuse, l'adolescence non conforme, les scènes underground, la mémoire du sida, les masculinités fragiles, les féminités monstrueuses, les questions trans et non binaires peuvent devenir des centres explicites de récit. Cela ne rend pas l'horreur plus douce. Cela la rend plus exacte dans ce qu'elle met en jeu.

Les traditions nationales comptent beaucoup ici aussi. Aux États-Unis, le tag croise la religion, la banlieue, la jeunesse, la scène queer, les fantômes de l'épidémie et les formes de violence normative très visibles dans la culture populaire. Au Royaume-Uni, il touche souvent à la classe, à la répression, à la théâtralité gothique et à un humour noir particulier. En France et en Allemagne, il peut se nouer davantage à l'art-cinema, au désir, à la politique des corps. Au Japon, il se combine parfois à des formes plus troubles de transformation, de performance et de sous-culture.

Le corps reste un point de cristallisation majeur. Il ne s'agit pas seulement de sexualité, mais de lisibilité sociale. Quel corps passe, quel corps dérape, quel corps attire trop le regard, quel corps devient terrain de projection ou de discipline. C'est là que le voisinage avec body-horror devient particulièrement fort. L'horreur queer comprend très bien que le corps peut être à la fois lieu de désir, de vérité, de théâtre et de violence.

Les communautés comptent autant que les individus. Beaucoup de films LGBTQ+ liés à l'horreur parlent de scènes, de familles choisies, de lieux nocturnes, de groupes marginaux, de réseaux d'entraide, mais aussi des prédateurs, des gourous ou des institutions qui prospèrent sur ces vulnérabilités. Cela permet au genre de penser la politique du collectif autrement que par la seule figure de l'outsider solitaire.

Pour le spectateur CaSTV, LGBTQ+ ne désigne donc pas une simple rubrique identitaire. Il sert à repérer des films où la peur travaille des formes de désir, de visibilité, de secret et de communauté marquées par des histoires queer, qu'elles soient explicites ou codées. Le tag parlera aux amateurs de vampire, de body-horror, de psychological-horror et de supernatural.

L'horreur reste un lieu privilégié pour penser l'expérience queer parce qu'elle comprend très bien ce que signifie vivre sous un regard hostile, être lu comme anomalie, désirer contre la norme ou chercher refuge dans des formes de communauté que le monde majoritaire continue de percevoir comme menaçantes. Elle peut exploiter cela, bien sûr. Mais elle peut aussi, parfois, le rendre d'une intensité que peu d'autres genres approchent.