Synopsis
Pour écrire et créer le court métrage d'art expérimental “13 Strokes…”, je me suis inspiré de ma nouvelle “Thirteen Strokes” [Dark Traces (Collective), Publishing House Iliaxtida, Athènes, septembre 2022], en me concentrant sur le coeur du récit, le traumatisme non guéri qui continue de prendre de la place dans les pensées et finit par consumer l'énergie vitale. Parfois en apparaissant dans les rêves sous des formes différentes ou répétitives, voire évolutives, avec le temps. Le temps était un élément essentiel de mon court métrage. Le temps que les gens consacrent à des relations importantes, créant des liens profonds d'où naît un fil qui dépasse notre dimension, au-delà de la mort, et détermine inévitablement nos vies. Un autre élément important, comme facette différente de la conception de l'idée du temps, était l'intériorisation de l'expérience et la subjectivité dans laquelle l'expérience est conservée dans la mémoire et peut-être mentalement ravivée ou revécue. La puissance des pensées souhaitées, donc des souvenirs, des attentes inassouvies, des désirs et de l'imagination, peut façonner une sphère métaphorique, à la fois réelle et fictive, où les dimensions du temps, passé, présent et avenir encore à naître mais pourtant constamment en formation, peuvent être canalisées. Une fois plongé dans ce monde spectral, passage exprimé par l'animation introductive et le poème, une lutte finit par commencer, avec soi-même, avec les souvenirs vus à travers un miroir déformant, et avec le traumatisme. Chercher la vérité dans les profondeurs est un combat de vie ou de mort à l'issue incertaine. Car le traumatisme n'est pas toujours surmonté. Dans ce voyage intérieur, les photos fixes ressemblent aux éclairs qui surgissent comme des fichiers aléatoires de nos dossiers de mémoire. Elles remplissent différentes fonctions selon la façon dont elles sont utilisées. Elles ne déploient qu'en apparence un récit linéaire, tandis que le coup d'horloge dans le vide donne le rythme, rappelant en outre notre capacité mentale et psychique à dépasser le temps et à le faire paraître figé, en ouvrant ici symboliquement une porte métaphysique au-delà de laquelle les dimensions variantes se croisent. Le Temps immobile, marqué là par le dessin bidimensionnel de l'horloge, entre en contraste avec les personnages qui bougent dans les séquences. Tandis que tous les dessins bidimensionnels donnent un indice de ce qui a été réel, de ce qui est effectivement réel ou non, soit littéralement dans la réalité, soit symboliquement dans la perception de la réalité par les personnages et sa projection dans leur esprit. Plus précisément, le nombre 13 est la ligne frontière entre ces deux lieux transcendants. Il apparaît aussi “en mouvement” lorsque les photos fixes se déplacent dans un cycle horaire, comme un pendule d'horloge, ou avec un point de vue de bas en haut, soit pour montrer l'ambiguïté de la situation, l'incertitude du résultat, le point culminant des sentiments ou le combat jusqu'au dernier souffle, toujours dans le but de souligner l'escalade des émotions des personnages dans leur interrelation. Les émotions, ainsi que leur position dans la relation, leur conscience de toute la situation et leur degré de capacité à la contrôler ou à être contrôlés par l'autre, par leur subconscient ou par un oeil au-dessus qui les dépasse, sont techniquement éclairés surtout par les angles de prise de vue et leur clignement, qui inclut à la fois littéralement leur état existentiel, vivants ou morts à ce moment-là, et leur peur de disparaître s'ils n'existent pas ou ne sont pas sauvés dans la mémoire de leurs proches. Sur le plan de la cinématographie, en conclusion, l'intégration de la méthode et du contenu s'est exprimée de plusieurs façons. Avec, par exemple, les différents angles OTS (Over The Shoulder) utilisés ici pour donner l'illusion du mouvement et de la cyclicité, lorsque les personnages se regardent face à face dans un état d'esprit confus et inquiet, et simultanément pour suggérer le passage turbulent à travers un autre espace et un autre temps. Avec les regards directs vers la caméra, aussi, qui brisent le mur de la distance et signifient un point de rencontre entre conscience et subconscient, sur l'axe d'une dimension temporelle différente, qui soulignent un tournant dans leur prise de conscience, très semblables à un regard pénétrant dans leurs esprits torturés et embrumés, scènes-plans dont les spectateurs sont témoins. L'objectif de ces perspectives prenantes, même en stimulant des sentiments de malaise et d'inconfort, est de rendre l'expérience plus personnelle.