Les meilleurs films de série B
La série B, c'est l'école du cinéma de genre: monstres en caoutchouc, paranoïa atomique et budgets si serrés que l'imagination devait faire le gros du travail. Cette liste croise classements de critiques, listes de fans et ouvrages de référence pour cartographier le canon du petit budget.
Le canon va des créatures de l'ère atomique et des programmes de drive-in de Corman jusqu'au splatter de Troma et aux bijoux fauchés d'aujourd'hui: des films où un costume en caoutchouc, une machine à fumée et un culot monstre remplacent cent millions de dollars.
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L'art de la série B
La série B est née en bas de l'affiche des programmes doubles et elle est devenue une école d'ingéniosité. Sans argent pour le spectacle, les cinéastes vendaient de l'atmosphère, des monstres en caoutchouc et du culot, et ont inventé au passage la moitié de la grammaire du cinéma de genre moderne. Certains de ces films sont des chefs-d'oeuvre en costume bon marché; d'autres sont glorieusement exactement ce qu'ils semblent être.
Du drive-in au club vidéo
Cette liste parcourt tout le circuit: créatures de l'ère atomique, productions Corman tournées en une semaine, comédies radioactives de Troma et bijoux fauchés qui ont survécu grâce à la télévision de fin de soirée et aux étagères de location. Classement selon la fréquence des citations dans les listes de critiques et de fans.
Les films de cette liste
Attack of the Crab Monsters 1957
Roger Corman a tourné cette histoire de crabes géants en une semaine, et l'idée des monstres qui absorbent la voix de leurs victimes lui donne un vrai frisson. Économie pure du drive-in de l'ère atomique.
La Nuit des morts-vivants 1968
Le huis clos sans le sou de Romero invente le zombie moderne et glisse un constat cinglant sur la race et l'effondrement social. Un accident de domaine public l'a rendu universel.
Danger planétaire 1958
Une masse gélatineuse rampante, un jeune Steve McQueen et la panique d'une petite ville: le film de créature définitif de l'ère atomique. Le monstre est une idée plus qu'un effet.
The Toxic Avenger 1984
Le héros radioactif de Troma, sa serpillière à la main, a fait du splatter, du slapstick et du mauvais goût une institution du New Jersey. Aussi crade que jubilatoire.
L'attaque des Tomates Tueuses 1978
Une parodie de film de créature volontairement ratée, qui pousse sa propre bêtise jusqu'au manifeste. Les tomates qui roulent sont la blague et le propos.
Pink Flamingos 1972
John Waters érige la crasse en philosophie, avec Divine qui préside au final le plus tristement célèbre du cinéma culte. La provocation de minuit absolue.
The Rocky Horror Picture Show 1975
Le film de minuit qui a transformé son public en troupe, avec un rituel de participation toujours vivant un demi-siècle plus tard. Son culte tient de la représentation hebdomadaire.
Evil Dead 1981
Raimi tire d'une cabane, d'une caméra et d'une invention sans relâche une machine à horreur bien au-dessus de ses moyens. Son énergie a lancé une franchise et un style.
Les Clowns tueurs venus d'ailleurs 1988
Les frères Chiodo étirent un seul jeu de mots parfait en une invasion extraterrestre acidulée, faite de cocons en barbe à papa et de chapiteaux meurtriers. Le sommet du nerf comique des années 80.
La Mouche noire 1958
La version originale avec Vincent Price joue sa tragédie de l'homme fusionné à l'insecte au premier degré, et la minuscule voix qui appelle à l'aide reste l'un des grands chocs du drive-in. Horreur de série B élégante.
Massacre à la tronçonneuse 1974
Le cauchemar cuit au soleil de Hooper tire une angoisse insoutenable de la crasse, de la chaleur et du son, presque sans gore à l'écran. Sa fauche a des airs de documentaire.
L'Invasion des profanateurs de sépultures 1956
La paranoïa des cosses distillée à l'état pur, lisible comme peur du conformisme ou de la Guerre froide selon l'époque. De la science-fiction fauchée au frisson durable.
Le Carnaval des âmes 1962
Le fantôme unique de Herk Harvey flotte sur des nappes d'orgue et un pavillon hanté vers l'une des fins les plus inquiétantes du petit budget. Onirique bien au-delà de ses moyens.
The Incredible Shrinking Man 1957
Un homme qui rétrécit vers l'infiniment petit transforme un gimmick en véritable vertige existentiel. Le monologue final est de la poésie pure glissée dans un film de créature.
Them! 1954
Des fourmis géantes irradiées dans le désert posent le modèle du film d'insecte de l'ère atomique, en prenant son angoisse nucléaire au sérieux. Toujours l'un des meilleurs du cycle.
La Nuit de tous les mystères 1959
William Castle et Vincent Price transforment un pari dans une maison hantée en pur numéro de bonimenteur. Le charme huileux de Price porte tout le film.
I Was a Teenage Werewolf 1957
AIP fond le film de monstre et la panique de la délinquance juvénile en pierre angulaire du drive-in, avec un jeune Michael Landon sous les poils. Le titre seul est un artefact pop.
Coffy 1973
Pam Grier fait exploser le film de vengeance blaxploitation, changeant une infirmière en force vengeresse avec une maîtrise totale de l'écran. Féroce, stylé, et une naissance de star.
Mad Max 1979
George Miller bâtit une vengeance routière avec presque rien et un pur instinct cinétique. Toute la mythologie du désert vient de ce premier film sec et furieux.
Piranha 1978
Joe Dante et John Sayles transforment une copie de Jaws en petite satire maligne et méchante, avec de vraies dents. La plus futée des imitations de menace aquatique.
