Meilleurs Films Maison Hantee
La maison hantée n'est pas un simple décor. C'est une promesse de concentration. Tout y revient, tout y résonne, tout y reste coincé plus longtemps qu'ailleurs: le deuil, les secrets, la faute, l'histoire sociale, parfois même les enfants, qui dans ce sous-genre savent toujours comment aggraver les choses. Un bon film de maison hantée n'a donc pas besoin d'empiler les apparitions. Il doit faire sentir qu'un lieu s'est mis à penser contre ceux qui l'occupent. Le corpus francophone n'a pas la centralité anglo-saxonne de Halloween ou des pavillons suburbains, mais il a sa propre manière de charger les murs, entre malaise bourgeois, pensionnats, maisons de campagne et habitats provisoires. Cette liste passe par la France, l'Espagne, le Japon et le Royaume-Uni, avec un faible assumé pour les films où le surnaturel sert aussi à dire quelque chose de la famille, de la mémoire ou du mensonge affectif.
Les meilleurs films de maison hantée savent tous une chose: un lieu n'effraie vraiment que lorsqu'il accumule plus que de la présence spectrale, entre mémoire, faute, désir mal digéré, silence et parfois même de l'administration. A ce moment seulement, les murs cessent d'être des murs et deviennent des partenaires actifs du cauchemar.
Les films de cette liste
Les Innocents 1961
Jack Clayton atteint d'emblée un sommet, où la maison, le jardin et les enfants participent tous d'une même corruption feutrée. Deborah Kerr y mêle autorité, trouble et panique de façon à faire du doute une matière palpable.
La Maison du diable 1963
Robert Wise donne à Hill House ce que presque aucune imitation n'obtient: une véritable personnalité. Ici le son fait toute la violence, et la retenue se révèle physiquement agressive.
L'Enfant du diable 1980
Peter Medak signe l'un des films les plus patients du genre, et cette patience est une arme. Le deuil y prend la forme d'une vaste demeure qui refuse poliment de laisser respirer son occupant, préparant longuement la nécessité de son apparition.
Poltergeist 1982
Tobe Hooper transforme le confort pavillonnaire en panne spirituelle collective, prouvant que la maison hantée peut être large, drôle et spectaculaire tout en restant mauvaise à la racine. Le lotissement bâti sur un mauvais terrain, c'est l'optimisme américain qui pourrit en créancier surnaturel.
Les Autres 2001
Amenabar bâtit une maison hantée presque doctrinale, où rideaux, portes et lumière relèvent d'une discipline qui finit par prendre la forme d'une peur. Le décor travaille avec l'autorité maternelle, le deuil et la religion plutôt qu'à côté d'eux.
L'Orphelinat 2007
Bayona fait d'un lieu chargé de mémoire enfantine quelque chose de mélancolique et réellement menaçant, où le jeu, les voix et la douleur maternelle envahissent l'espace. La maison devient un organe du passé plutôt qu'un simple arrière-plan.
His House 2020
Le logement offert n'est pas seulement hanté, il est administré, assigné, presque imposé, ce qui donne à la maison une dimension politique nette. Les fantômes arrivent dans un espace déjà tendu par l'exil, le soupçon et la violence bureaucratique.
La Nuit de tous les mystères 1959
Vincent Price offre dix mille dollars à cinq invités capables de survivre une nuit dans une maison meurtrière. William Castle fait rivaliser fantômes et tromperies humaines, avec toute l'électricité d'un grand bonimenteur.
Shining 1980
L'hôtel devait offrir au père le calme nécessaire pour écrire. Kubrick retourne cette promesse contre la famille : l'isolement hivernal laisse les esprits de la demeure gagner du terrain dans son esprit.
Conjuring : Les Dossiers Warren 2013
Une famille, deux enquêteurs et une ferme du Rhode Island offrent à James Wan une structure classique. Sa caméra traite portes, vides sanitaires et coins déserts comme des promesses auxquelles quelque chose finira par répondre.
The Innkeepers 2011
Deux employés profitent du dernier week-end d'un vieil hôtel pour enregistrer son fantôme. Ti West étire l'ennui, le flirt et l'enquête amateur dans les couloirs avant que le bâtiment ne finisse par répondre.
