Meilleurs Films Horreur Francais
L'horreur française a longtemps avancé avec une gêne apparente vis-à-vis d'elle-même, comme si le bon goût national surveillait encore chaque excès. Quand elle se libère vraiment, elle produit pourtant des films d'une violence et d'une intelligence rares, capables de faire cohabiter littérature, sexualité, cruauté corporelle et radicalité formelle. Les meilleurs films d'horreur français n'opposent jamais l'idée au choc. Ils préfèrent les faire saigner ensemble.
Les meilleurs films d'horreur français ont souvent l'air de régler leurs comptes avec une idée nationale de la tenue. Ils prennent le corps, la pensée, la littérature, le désir et la violence, puis refusent de les remettre à distance. C'est cette absence de timidité, plus que la seule réputation d'extrême, qui fait leur force.
Les films de cette liste
Les Yeux sans visage 1960
Georges Franju pose un jalon décisif : masque, chirurgie, paternité monstrueuse et grâce morbide, avec cette froideur poétique très française qui rend la violence encore plus sacrilège. L'horreur y passe par la retenue, pas par l'atténuation.
Trouble Every Day 2001
Claire Denis fait entrer le désir cannibale dans l'arthouse français avec une brutalité très différente : moins démonstrative, plus intime, tout aussi troublante. Elle rend la faim presque gênante d'intimité.
High Tension 2003
Alexandre Aja pousse l'agression sensorielle au premier plan. Le film a ses débats, mais il reste l'un des grands signaux de l'époque où l'horreur française cessait d'être polie, la brutalité devenant presque un manifeste.
Dans ma peau 2002
Marina de Van signe l'un des films français les plus précis sur l'étrangeté du corps. Le geste n'a rien de spectaculaire au sens facile : il est auto-analytique, obsessionnel, humiliant, et c'est pour cela qu'il tient si bien.
Inside 2013
Bustillo et Maury vont au plus près du nerf. Le domicile, la grossesse, le deuil et les lames concourent à faire de ce film l'une des attaques les plus intimes et les plus féroces de la New French Extremity.
Martyrs 2008
Pascal Laugier transforme la souffrance en question métaphysique, dans la version la plus polémique du genre : celle qui veut non seulement faire mal, mais faire réfléchir à ce que certaines institutions sont prêtes à faire au nom du sens.
Grave 2017
Julia Ducournau relance l'héritage français par une voie plus ludique, plus corporelle et plus générationnelle. Raw parle d'appétit, de famille et de construction de soi avec une intelligence physique rare.
À l'intérieur 2007
Béatrice Dalle sonne chez une veuve enceinte, un soir de Noël, et réclame ce qu'elle porte. Bustillo et Maury laissent les émeutes de 2005 tourner en boucle sur l'écran de télévision : le pavillon n'est pas un refuge, c'est un piège.
Them 2006
Un couple d'expatriés, une maison isolée en Roumanie, des assaillants qui ne cherchent qu'à jouer. Moreau et Palud tiennent soixante-dix-sept minutes sans rien expliquer, et cette économie fait plus de dégâts qu'un long discours.
Frontier(s) 2007
Gens ouvre sur Paris en flammes au lendemain d'une victoire de l'extrême droite, puis livre ses fuyards à une auberge tenue par des néonazis. Le geste est brutal et sans nuance, mais c'est le film le plus frontalement politique de la vague.
La nuit a dévoré le monde 2018
Rocher tient une seule idée jusqu'au bout : un homme seul dans un immeuble parisien, ses conserves, sa batterie, et Denis Lavant coincé derrière la grille de l'ascenseur. Le film de zombies français devient une étude de la solitude urbaine.
The Shiver of the Vampires 1971
Voyage de noces détourné vers un château, deux cousins érudits qui pérorent sur le vampirisme, et Isolde qui sort d'une horloge comtoise. Rollin filme cela avec les guitares saturées d'Acanthus et un sérieux imperturbable.
The Rape of the Vampire 1968
Sorti en pleine insurrection de mai 68, un court-métrage rallongé en deux parties, sifflé par une salle prête à casser les fauteuils. Rollin y bricole déjà tout ce qu'il passera quarante ans à affiner : la plage, la ruine, le jazz libre.
La Vampire Nue 1970
Premier Rollin en couleurs, et il les dépense en masques d'animaux, en secte encapée et en industriel parisien qui trafique l'immortalité dans son hôtel particulier. Plus proche du pop art et de Feuillade que du film de vampires.
Lips of Blood 1975
Une photographie de château en ruine aperçue dans un vernissage, et un homme traverse Paris la nuit pour retrouver une fille rencontrée dans son enfance. Le plus amoureux des Rollin, et celui où la mémoire tient lieu de malédiction.
Fascination 1979
1905, un château, des femmes de la bonne société qui ont pris le sang de boeuf en remède et y ont trouvé du plaisir. Brigitte Lahaie traverse le pont-levis, faux à la main : l'image la plus célèbre de tout le cinéma de Rollin.
The Living Dead Girl 1982
Une fuite de produits toxiques réveille Catherine dans le caveau familial, et son amie d'enfance se met à lui fournir des victimes par pure fidélité. Le plus sanglant des Rollin, et le seul qui raconte une amitié impossible.
The Iron Rose 1973
Un garçon, une fille, un cimetière dont on ne sort plus dès que la nuit tombe. Aucun vampire, presque aucune intrigue : Rollin atteint son point le plus nu, entre surréalisme et poésie funéraire baudelairienne.
The Grapes of Death 1978
Un pesticide dans le vin, et le vignoble français se met à suppurer. Rollin quitte le château pour la France rurale et vide - gares désertes, fermes closes - et découvre au passage l'hémoglobine et le cinéma d'épidémie.
Delicatessen 1991
Chez Jeunet et Caro, la pénurie de viande se règle entre voisins et le boucher tient ses comptes en grains de lentilles. Pas un film d'horreur mais une comédie de mœurs cannibale, réglée au métronome, avec Dominique Pinon en clown amoureux.
Baxter 1989
Un bull-terrier commente sa propre carrière chez trois maîtres successifs, avec la voix de Maxime Leroux et une froideur de moraliste. Boivin fait du chien la seule créature lucide du film, et le gamin fasciné par Hitler s'occupe du reste.
