Les meilleurs films d'horreur extraterrestre
L'horreur extraterrestre, c'est la peur du contact: quelque chose arrive, et ça ne pense pas comme nous, ne ressemble pas à nous, et ne s'arrête pas. Les deux sommets du genre (Alien et The Thing) définissent encore ses deux cauchemars: le chasseur dans les murs et l'imposteur dans la pièce.
Cette liste croise le canon, de la paranoïa atomique à l'effroi cosmique moderne.
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Le chasseur et l'imposteur
Alien a construit la maison hantée parfaite et l'a mise en orbite; The Thing a posé la pire question: qui, autour de la table, est encore humain. Entre les deux tient tout le genre: les cosses, les panneaux subliminaux, les envahisseurs silencieux et les choses qui tombent sur une ferme et se mettent à luire.
La vague moderne (Nope, A Quiet Place, No One Will Save You) prouve que le premier contact a encore des dents.
Les films de cette liste
The Thing 1982
Le vrai sujet n'est pas la créature mais la quarantaine: douze hommes dans un huis clos polaire où la confiance devient une ressource épuisable. Carpenter filme la contamination comme une procédure administrative, un test sanguin à la fois.
Annihilation 2018
Ici l'extraterrestre ne conquiert pas, il réécrit. Le Chatoiement duplique les cellules, les souvenirs et le deuil avec la même indifférence, ce qui rapproche le film de Solaris plus que du récit d'invasion. La danse en miroir du phare vaut toutes les créatures.
Aliens, le retour 1986
Cameron ne refait pas Alien, il change de registre: le huis clos devient film de guerre et la créature devient un problème logistique. Le vrai antagoniste reste Burke, l'homme de la compagnie, ce qui dit le sujet de la saga: des colons envoyés mourir pour un actif à breveter.
L'Invasion des profanateurs 1978
Kaufman transplante les cosses dans un San Francisco d'après Watergate, où aucune institution ne répond: la police, la thérapie, les amis, tout est déjà retourné. Le cri final de Donald Sutherland reste la fin la plus impitoyable jamais accordée à un remake.
L'Antre de la folie 1995
Le contact ne descend pas du ciel, il se vend en librairie. Carpenter traite l'indicible lovecraftien comme un problème de tirage, et Sam Neill, enquêteur d'assurances, perd son procès contre le réel avant de se voir le perdre à l'écran.
The Mist 2007
Les tentacules comptent moins que la paroisse qui se forme au rayon des conserves: enfermez des gens quatre jours et ils inventent une religion, puis désignent un sacrifié. Darabont filme la foule plus que le monstre, et s'autorise une fin que King n'osait pas.
Cloverfield 2008
Reeves garde la créature hors cadre et à hauteur d'homme, si bien que le premier contact devient une évacuation qu'on ne peut que filmer en courant. La grammaire de poussière et de gravats vient du New York d'après 2001, empruntée sans s'excuser.
Event Horizon : Le vaisseau de l'au-delà 1997
L'extraterrestre est ici un lieu et non une espèce: un vaisseau qui a plié l'espace, touché un ailleurs innommable et rapporté un appétit. Le montage a été charcuté, on le sait, et pourtant il reste le meilleur Hellraiser en orbite que le cinéma nous ait donné.
Aux portes de l'Au-delà 1986
Le Résonateur de Gordon n'invoque rien: il rend visible ce qui partageait déjà la pièce, et l'invasion devient affaire de perception et de glande pinéale. Combs et Crampton jouent l'escalade comme un appétit, dans un film où le désir et la chair se dissolvent au même rythme.
Prometheus 2012
Scott revient poser la question des origines et répond que les créateurs sont indifférents, ce qui fait plus peur qu'hostiles. Le scénario trébuche souvent, on ne va pas le nier, mais la césarienne que Noomi Rapace s'administre seule appartient au meilleur de la saga.
La Cabane dans les bois 2012
Ce qui dort sous la cabane n'est pas extraterrestre, admettons-le, mais le film mérite sa place pour son vrai monstre: un immeuble de bureaux qui gère le sacrifice humain à l'objectif trimestriel. Le tableau des paris entre employés est la meilleure blague de l'horreur récente.
The Endless 2017
Chez Benson et Moorhead, l'entité ne dévore pas, elle conserve: elle garde ses locataires dans une boucle et refilme indéfiniment la même journée. Tourné pour presque rien, c'est le film de contact le plus patient de la décennie, et le plus troublant sur la tentation de rester.
War of the Worlds 2005
Spielberg adapte Wells en film de réfugiés: pas de cellule de crise, pas de savant qui explique, juste un père médiocre qui traîne ses enfants sur une route avec tout le monde. Le train en flammes et la scène du traversier disent l'exode mieux que n'importe quelle soucoupe.
Predator 1987
McTiernan consacre une heure à la puissance de feu américaine pour mieux la démonter ensuite: tout l'arsenal du commando n'est que du bruit pour une créature qui chasse au trophée. Le décor centraméricain n'est pas neutre, et la virilité y fond aussi vite que la jungle.
A Quiet Place 2018
L'invasion devient ici un problème de mixage: chaque bruit est une condamnation, et le film se joue en langue des signes autant qu'en dialogues. Millicent Simmonds en déplace le centre de gravité, et la surdité passe de handicap à seule compétence utile.
Attack the Block 2011
Cornish fait tomber l'invasion sur une cité du sud de Londres et confie la défense aux ados que les journaux appellent racaille. Le propos de classe est frontal: personne ne vient les aider parce que personne n'était jamais prévu pour venir.
Nope 2022
L'extraterrestre de Peele est un animal, pas un pilote, et il punit le simple fait de regarder. Le film parle donc de spectacle: qui a le droit de le vendre, qui finit dévoré par lui. La séquence de Gordy le singe n'est pas une digression, c'est la thèse posée d'un coup.
Invasion Los Angeles 1988
Chez Carpenter, l'extraterrestre n'envahit pas, il gère: une classe dirigeante yuppie qui gouverne par la publicité, et des lunettes qui la démasquent. La bagarre de six minutes dans la ruelle raconte l'essentiel, la difficulté d'obliger quelqu'un à regarder.
Alien : Romulus 2024
Álvarez ramène la saga à sa question sociale: de jeunes colons endettés jusqu'au cou qui tentent de racheter leur contrat à la compagnie. Le monstre final en fait trop, c'est vrai, mais la séquence d'acide en apesanteur suffit à justifier ce retour.
Prince des ténèbres 1987
Carpenter confie la théologie à un département de physique et laisse l'effroi sortir des équations: le Malin réduit à un cylindre de liquide vert, le mal formulé comme une hypothèse vérifiable. Le rêve transmis depuis l'avenir reste son idée la plus glaçante.
