Meilleurs Films Horreur Annees 80
Les années 80 ont industrialisé l'horreur sans l'assagir. On y trouve les franchises, évidemment, mais aussi une liberté de forme incroyable : prothèses monstrueuses, cauchemars plastiques, remakes insolents, vampires punks, comédies gore et grands exercices de stylisation glacée. Les meilleurs films d'horreur des années 80 tiennent parce qu'ils ont compris qu'un genre populaire pouvait devenir plus excessif au moment même où il devenait plus visible.
Les meilleurs films d'horreur des années 80 montrent une décennie qui ne croyait pas à la sobriété : elle préférait l'excès, l'effet physique, le cauchemar technique et la monstruosité concrète. Mais cet excès n'empêchait pas l'intelligence ; il lui servait souvent de moteur, et c'est pour cela qu'on y revient autant.
Les films de cette liste
Shining 1980
Kubrick ouvre la décennie avec un hôtel qui semble digérer lentement ceux qui l'habitent. Il fait de l'espace un dispositif mental où le couloir, la symétrie et la répétition travaillent contre l'idée même d'abri.
The Thing 1982
Carpenter signe le chef-d'œuvre paranoïaque de la décennie. Le corps n'y prouve plus rien, la solidarité explose, et les effets de Bottin gardent une puissance rare parce qu'ils expriment l'idée du film : toute forme est trahissable.
Possession 1981
Zulawski donne aux années 80 leur grande crise convulsive : un film de séparation, de sexe et de monstre, mais surtout de débordement émotionnel. Rien n'y reste à une intensité raisonnable, et c'est ce qui le rend durable.
Les Griffes de la nuit 1984
Craven évite au slasher de s'épuiser en déplaçant le terrain de jeu dans le sommeil. Il garde l'efficacité du tueur iconique tout en y ajoutant la logique du cauchemar et une vraie invention de mise en scène.
La Mouche 1986
Cronenberg fait du body horror une tragédie amoureuse. La décomposition de Seth Brundle est atroce, mais surtout parce qu'elle passe par l'épuisement, la honte et l'impuissance ; le spectaculaire n'y écrase jamais l'affect.
Evil Dead 2 1987
Raimi montre que la décennie sait aussi faire de la fureur un ballet comique. Le film pousse le gore, le slapstick et la virtuosité de caméra à un point d'hystérie jubilatoire qui résume son absence de complexe.
Aux frontières de l'aube 1987
Bigelow détourne le vampirisme vers la route, le motel et la criminalité nocturne. Le film sent le sang, la poussière et l'Amérique pauvre plutôt que les draperies gothiques, autre manière très 80s de rendre le mythe nerveux.
Faux-semblants 1988
Cronenberg revient plus froid, plus clinique, peut-être plus dérangeant encore. Les jumeaux, l'addiction et la fusion identitaire y sont traités avec une précision maladive, fin de décennie idéale.
Le Loup-Garou de Londres 1981
Landis alterne comédie de routards et métamorphose signée Rick Baker, sans jamais laisser la blague vous protéger de l'anatomie. L'Academy a créé un Oscar du maquillage l'année suivante : tout un programme.
Aliens, le retour 1986
Cameron répond au cargo hanté de Scott par un film de procédures, de commandement défaillant et de sous-traitants coloniaux, et fait de Ripley la professionnelle la plus efficace de la décennie. La suite cesse d'être un produit bon marché.
Evil Dead 1981
Raimi tourne comme quelqu'un qui n'a pas les moyens du champ-contrechamp : c'est la caméra qui commet la violence. La panique britannique des video nasties fera de ce film de chalet une affaire judiciaire.
Poltergeist 1982
L'horreur est immobilière : un lotissement dont le promoteur a caché l'histoire, et un téléviseur qui sert de porte ouverte. Le confort de banlieue et le vernis Spielberg font de l'intrusion une affaire de garantie.
Gremlins 1984
Dante glisse une équipe de démolition dans un film de Noël et laisse la chaleur Amblin encaisser les dégâts. La commission de classification n'arrivait plus à trancher : le PG-13 naît cet été-là, en partie à cause de lui.
Hellraiser : Le Pacte 1987
Barker met en scène sa propre fiction, donc rien ne se perd en route : le désir, le marchandage et un ordre de créatures pour qui la douleur est une discipline. Rien d'aussi doctrinal dans l'horreur britannique de l'époque.
Henry, portrait d'un serial killer 1986
McNaughton retire au tueur tout mobile, toute musique et tout système : il ne reste que des pièces nues et une scène de caméscope qui met le spectateur en accusation. La bataille du classement X l'a gardé sur l'étagère des années.
Re-Animator 1985
Gordon joue Lovecraft en farce universitaire, Jeffrey Combs traitant la résurrection comme une querelle de subventions. Sortir sans classification laissait les effets dépasser toute limite : la faille des années 80 en action.
Vidéodrome 1983
Cronenberg a compris tout de suite ce qu'était l'économie de la cassette : un système de livraison d'images qui refont le corps qui les consomme. Tourné quand la vidéo domestique devenait une industrie, il en est le premier diagnostic.
Dead Zone 1983
Le film le plus froid de Cronenberg, et celui où la retenue paie : un homme reçoit un savoir qu'il n'a pas demandé, et un candidat politique rend ce don insupportable. Les adaptations de King deviennent alors une industrie.
Vampire… vous avez dit vampire ? 1985
Chez Holland, le vampire est un voisin protégé par le droit de propriété, et le seul expert disponible est un présentateur d'émissions d'horreur fauché. Le film pleure la télé de fin de soirée que le vidéoclub vient de tuer.
The Changeling 1980
Une production née de l'abri fiscal canadien qui investit son budget dans le silence, le marbre et les cages d'escalier, ouvrant la décennie à l'opposé de la course aux effets. La retenue comme stratégie, pas comme pose.
Génération perdue 1987
Schumacher vend le vampirisme comme une sous-culture adolescente : meilleures fringues, aucun couvre-feu, montage de clip et casting taillé pour le marché ado. Le genre découvre qu'il peut se vendre en produits dérivés.
