Meilleurs Films Horreur Annees 70
Les années 70 ont retiré à l'horreur beaucoup de ses gants. La famille y pourrit, la religion y vacille, la campagne y devient carnassière, et la ville n'offre plus d'autorité crédible pour remettre de l'ordre. Même les films les plus surnaturels paraissent traversés par une saleté historique très concrète. C'est la décennie où l'horreur moderne cesse d'être seulement une affaire de monstres pour devenir une affaire d'atmosphère sociale empoisonnée.
Les meilleurs films d'horreur des années 70 ont tous compris, chacun à sa manière, que le monde moderne lui-même s'était mis à faire peur. La religion, la famille, la consommation, les institutions, le paysage : plus rien ne tient vraiment, et le genre trouve là un nouveau climat qu'il n'a jamais complètement quitté.
Les films de cette liste
L'Exorciste 1973
Friedkin fait entrer la possession dans une zone de violence physique et spirituelle qui n'a jamais vraiment quitté le genre. Le film ne choque pas seulement : il traite le choc avec un sérieux clinique qui interdit toute distance confortable.
Massacre à la tronçonneuse 1974
Hooper donne au genre l'une de ses grandes odeurs de panique industrielle. Le film paraît sale bien au-delà de ce qu'il montre réellement, exploit de ton autant que de mise en scène.
La Nuit des masques 1978
Carpenter réduit l'horreur à une mécanique presque parfaite. Le film ne semble simple que si l'on oublie tout ce qu'il contient de calcul dans le cadre, le rythme et le son.
Suspiria 1977
Preuve éclatante que la décennie n'est pas que réalisme abrasif. Argento transforme le conte, la danse et la sorcellerie en attaque sensorielle pure, où l'artifice magnifie la terreur au lieu de l'affaiblir.
Zombie 1978
Romero fait du centre commercial le grand mausolée consumériste de la décennie. C'est drôle, politique et gore, très clair sur l'idée que les vivants reproduisent déjà les automatismes des morts.
Black Christmas 1974
Clark comprend très tôt que l'intime peut être plus malade que le spectaculaire. La maison de sororité, les appels obscènes et le désordre quotidien deviennent un foyer d'angoisse durable.
Carrie au bal du diable 1976
De Palma fait de l'adolescence une scène de persécution totale, où l'horreur naît bien avant l'explosion finale : dans la cruauté scolaire, dans la mère, dans la sexualité punie.
Eraserhead 1977
Lynch referme une autre porte du genre : industrie, paternité et angoisse corporelle deviennent une matière cauchemardesque sans qu'aucun mode d'emploi ne vienne rassurer. Les années 70 apprennent aussi à l'horreur à ne plus s'expliquer.
Alien, le huitième passager 1979
Scott installe un cargo prolétaire où l'équipage travaille avant de survivre, puis laisse la biologie de Giger violer ce contrat. La fin des années 70 voit l'horreur absorbée par la science-fiction à gros budget.
Les Dents de la mer 1975
Le requin mécanique tombe en panne et Spielberg en tire une leçon de hors-champ, tandis que la station balnéaire devient un portrait d'élus qui protègent la recette. Le film a surtout inventé l'été au cinéma.
The Wicker Man 1973
Une comédie musicale folk sur la compétence territoriale : l'autorité du policier venu du continent se dissout sur une île qui a son économie et son calendrier. Un studio britannique moribond a laissé passer cette étrangeté intacte.
La Malédiction 1976
Donner filme l'Antéchrist comme un dossier d'assurances : enquêtes, conseils d'administration et accidents coûteux. Après L'Exorciste, les studios voulaient de l'angoisse catholique en costume-cravate.
Ne vous retournez pas 1973
Roeg monte le deuil comme la mémoire se dérègle, découpant le temps jusqu'à faire de Venise un labyrinthe de signes mal lus. Le cinéma d'auteur des années 70 passe directement dans l'horreur, sans s'excuser.
L'Invasion des profanateurs 1978
Kaufman transplante les cosses dans le San Francisco d'après le Watergate, où la culture thérapeutique et le calme bureaucratique ressemblent déjà à une assimilation. Refaire en 1978 un film de 1956, c'est mesurer ce qui a tourné.
House 1977
Obayashi bâtit sa maison hantée avec les outils de la publicité : collages, caches et jingles greffés sur des vacances d'écolières jusqu'à ce que les coutures deviennent l'horreur. La prudence des studios japonais en a fait un objet unique.
La colline a des yeux 1977
Craven fait rouler une famille modèle jusque dans un ancien terrain d'essais, et c'est le camp respectable qui apprend l'atrocité le plus vite. Le cinéma indépendant régional finançait précisément cette laideur.
Amityville : La Maison du diable 1979
Vendu comme un fait vérifié, le film parle surtout de panique hypothécaire : un couple ruiné par une maison dont il n'a pas les moyens de douter. L'argument du fait vécu deviendra le modèle marketing le plus tenace.
Rage ! 1977
Cronenberg fait naître l'épidémie dans une clinique d'esthétique, puis la suit dans les centres commerciaux avec la platitude d'un film de santé publique. L'abri fiscal canadien a payé cette seconde contagion.
Le monstre est vivant 1974
Cohen transforme l'obstétrique en contentieux : une salle d'accouchement dévastée et un père sommé de renier ce que la médecine a fabriqué. Tournage de guérilla et méfiance neuve envers les laboratoires.
Let's Scare Jessica to Death 1971
Hancock laisse la question de la folie réellement ouverte : un été à la campagne et une voix intérieure suffisent à ruiner tout récit fiable. Un film né dans la brève fenêtre où les studios finançaient l'ambiguïté.
