Les meilleurs films grindhouse
Le grindhouse n'a jamais été un genre: c'était un lieu, le programme double de la 42e Rue où blaxploitation, kung fu, carsploitation et gore italien se disputaient la même marquise. Cette liste croise bases spécialisées, palmarès de réalisateurs et classements de fans pour reconstruire cette marquise.
Attendez-vous à Pam Grier qui règle ses comptes, à l'acier des Shaw Brothers, aux bolides lâchés sur les routes du désert et au gore italien qui dégouline de la marquise: le programme complet d'une nuit de la 42e Rue, reconstruit séance par séance.
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Un lieu, pas un genre
Le grindhouse, ce sont les salles ouvertes toute la nuit de la 42e Rue et leurs programmes doubles, où le programme comptait plus que n'importe quel film. La blaxploitation partageait la marquise avec le kung fu, le gore italien, la carsploitation et les films de vengeance, et la salle répondait à tous. Le mot survit comme raccourci pour un cinéma sans cran de sûreté.
Le programme, reconstruit
Cette liste reconstruit cette marquise à partir de bases spécialisées, de palmarès de réalisateurs et de classements de fans: les films qui ont vraiment tourné sur le circuit, plus les hommages néo-grindhouse qui ont gardé l'esprit vivant après la fermeture des salles.
Les films de cette liste
Coffy 1973
Pam Grier fait de la vengeance une arme en infirmière qui piège dealers et proxénètes, inaugurant l'archétype de la justicière blaxploitation en un seul rôle furieux. Jack Hill lui offre enfin la marquise qu'elle méritait.
Massacre à la tronçonneuse 1974
Le cauchemar d'abattoir en plein soleil de Hooper tournait sur le circuit grindhouse comme un documentaire de l'enfer, tout en chaleur, en os et en vacarme industriel. Peu de films ont paru aussi réellement dangereux.
Cannibal Holocaust 1980
L'atrocité en found footage de Deodato était si convaincante qu'elle l'a mené au tribunal, et son attaque contre l'appétit de spectacle du public tranche encore. Une pièce maîtresse de l'extrémité italienne.
La Main de fer 1972
Le succès Shaw Brothers qui a déclenché la folie du kung fu en Occident, avec son héros à la paume de fer et sa rage teintée de rouge taillés pour la 42e Rue. De l'acier et de la vengeance à plein volume.
La Dernière Maison sur la gauche 1972
Le brûlot de vengeance de Craven transforme un récit de viol et de représailles en commentaire sur la violence elle-même, laissant le public partagé entre l'acclamation et la fuite. Bon marché, brutal et impossible à oublier.
Le bras armé de Wang Yu contre la guillotine volante 1976
Un assassin aveugle, une machine à décapiter tournoyante et un tournoi de styles font de ce film l'une des plus pures machines à délire du genre. Jimmy Wang Yu bâtit un univers de bande dessinée sur le seul élan.
Les Frissons de l'angoisse 1975
Argento au sommet de sa maîtrise, où la partition de Goblin et le décor piégé rendent le regard lui-même dangereux. L'énigme compte moins que cette façon d'apprendre à se méfier de ses propres yeux.
La Course à la mort de l’an 2000 1975
La satire de carnage transcontinental de Corman accorde des points pour écraser les piétons, avec un jeune Stallone et David Carradine en tête de la démolition. La carsploitation en dessin animé politique réjoui.
L'Emmurée vivante 1977
Fulci troque le gore contre une angoisse d'horlogerie dans un thriller de prémonition bâti autour d'un corps emmuré et d'une vision entrevue trop tôt. La preuve que sa précision valait sa sauvagerie.
Hobo with a Shotgun 2011
Rutger Hauer nettoie une ville pourrie une cartouche à la fois, dans la réalisation la plus aboutie du renouveau néo-grindhouse. Le film garde vivant l'esprit d'exploitation avec une vraie crasse, pas seulement de la nostalgie.
Machete 2010
Rodriguez développe sa fausse bande-annonce en émeute de vengeance mexploitation, avec l'antihéros à la machette de Danny Trejo enfin en vedette. Un hommage complice qui livre pourtant le vrai carnage.
La Nuit des morts-vivants 1968
Le huis clos sans le sou de Romero invente le zombie moderne et glisse un constat cinglant sur la race et l'effondrement social. Un pilier des drive-in et du grindhouse devenu universel par accident.
Black Caesar 1973
Fred Williamson gravit les rackets de Harlem dans le film de gangsters féroce de Larry Cohen, sur une musique de James Brown. La blaxploitation en tragédie de rue, sans cran de sûreté.
Blacula, le vampire noir 1972
Un prince africain maudit par Dracula hante le Los Angeles des années 70, et William Marshall donne au rôle une vraie gravité tragique. Le film transforme un titre gadget en l'un des monstres les plus émouvants de l'époque.
Foxy Brown 1974
Grier de nouveau, cette fois infiltrée pour incendier un réseau de vice qui a tué son homme. Jack Hill lui confie la plus iconique guerre solitaire du genre.
Black Belt Jones 1974
Jim Kelly dézingue des mafieux qui veulent saisir une école de karaté de Watts, mêlant la superbe de la blaxploitation à la vitesse des arts martiaux. De la pure énergie de programme double.
Dolemite 1975
Rudy Ray Moore transforme son personnage de scène en une saga de proxénète kung fu glorieusement bricolée, où l'attitude prime sur la finition. Ses aspérités font justement sa longévité.
Race with the Devil 1975
Peter Fonda et Warren Oates fuient un culte satanique sur les routes du Texas dans une chasse de vacances qui tourne mal. Carsploitation et panique occulte soudées en une virée nerveuse.
Switchblade Sisters 1975
Le mélodrame de gang de filles de Jack Hill joue comme une tragédie lycéenne au cran d'arrêt, bruyante, dure et étrangement opératique. Tarantino l'a défendu, à raison.
Suspiria 1977
Argento abandonne la logique pour la pure sensation dans un cauchemar de coven baigné de couleurs impossibles et du cri de Goblin. L'horreur comme agression des sens, et une légende des salles de répertoire.
