Les meilleurs films d'exploitation
Le cinéma d'exploitation, c'est notre terrain: rapide, criard, tourné pour trois fois rien et impossible à oublier. Cette liste traverse chaque cycle de la tradition, de la blaxploitation à l'ozploitation en passant par le mondo, en gardant les films que toute histoire sérieuse du genre finit par nommer.
De la vague blaxploitation aux cauchemars de l'outback australien, du mondo aux films de prison pour femmes, voici les images qui ont bâti le circuit grindhouse et la moitié du vocabulaire du cinéma de genre moderne.
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Le cinéma à plein volume
Le cinéma d'exploitation promet tout sur l'affiche et livre tout en quatre-vingts minutes: sexe, violence, vengeance, monstres, tout ce que le marché demandait cette année-là. Sous la surface criarde se cache une vraie histoire, car ces cycles ont donné leur première chance à des cinéastes, des vedettes et des industries nationales entières que les studios ignoraient.
Tous les cycles représentés
Blaxploitation, ozploitation, mondo, films de prison pour femmes, jalons de la nazisploitation et scandales de club vidéo: chaque branche de la tradition est ici à travers ses films les plus cités, classés selon leur constance dans les histoires sérieuses du genre.
Les films de cette liste
Coffy 1973
La révélation de Pam Grier, infirmière devenue justicière solitaire contre les dealers qui ont détruit sa sœur. Le film donne à la blaxploitation son héroïne la plus féroce.
Cannibal Holocaust 1980
L'hybride mondo-horreur de Deodato reste l'un des films les plus tristement célèbres jamais tournés, son found footage si convaincant qu'il a valu un procès à son auteur. La cruauté animale demeure indéfendable; la critique des médias, elle, est plus fine qu'on ne le dit.
Faster, Pussycat! Kill! Kill! 1965
Le déchaînement go-go de Russ Meyer, pure vitesse pulp portée par la Varla de Tura Satana, l'une des grandes prédatrices de l'écran. Cruel, camp et éminemment citable.
Foxy Brown 1974
Grier de nouveau, la vengeance poussée plus haut et le discours plus fort. Plus brutal que Coffy mais plus iconique, il l'installe en reine de tout le cycle.
Les Frissons de l'angoisse 1975
Argento au sommet de sa maîtrise, où la partition de Goblin et le décor piégé rendent le regard lui-même dangereux. L'énigme compte moins que cette façon de vous apprendre à vous méfier de vos propres yeux.
Réveil dans la terreur 1971
Le cauchemar qui a défini l'Ozploitation avant même le terme, enfermant un instituteur dans une ville de l'outback faite de chaleur, de bière et de sauvagerie ordinaire. Un chef-d'œuvre d'angoisse montante longtemps considéré comme perdu.
La Dernière Maison sur la gauche 1972
Le premier film brut de Craven transforme le rape-revenge en une expérience réellement écœurante, avant de vous mettre au défi de savourer la punition. Cru, dérangeant, impossible à oublier.
Mondo Cane 1962
Le film qui a lancé le shockumentary mondo, cousant cruautés réelles et mises en scène en un tour du monde du grotesque. Racoleur, malhonnête et follement influent.
The Big Doll House 1971
Le modèle du film de prison pour femmes produit par Corman, avec Pam Grier parmi les détenues qui préparent l'évasion. Il fixe tous les codes que le cycle répétera dix ans durant.
Switchblade Sisters 1975
Jack Hill hisse un mélodrame de gang de filles vers l'opéra, entre loyauté, trahison et honneur au cran d'arrêt. La ressortie signée Tarantino l'a sauvé à juste titre.
Mad Max 1979
George Miller bâtit une vengeance routière avec presque rien et un pur instinct cinétique. Toute la mythologie du désert vient de ce premier film sec et furieux.
Suspiria 1977
Argento abandonne toute logique narrative pour l'assaut sensoriel pur, noyant une école de danse et son coven dans un rouge Technicolor et les cris de Goblin. Moins une énigme qu'un cauchemar éveillé.
Blacula, le vampire noir 1972
Le film de vampire blaxploitation qui prend son postulat au sérieux, offrant à William Marshall un prince Mamuwalde authentiquement tragique. Bien plus émouvant que son titre ne le laisse croire.
Dolemite 1975
Le proxénète rimeur et bagarreur de Rudy Ray Moore est glorieusement fauché et totalement investi. Les coutures se voient partout, et c'est précisément tout son charme.
Crime à froid 1973
Le choc suédois de rape-revenge qui a collé un bandeau et un fusil à Christina Lindberg et inspiré directement Kill Bill. Lent, glacial et vraiment vicieux.
L'Oiseau au plumage de cristal 1970
Le premier film d'Argento est un modèle de témoin défaillant, un homme prisonnier de l'agression vue à travers une vitre et peut-être mal lue. L'indice entrevu prime sur la solution.
Six femmes pour l'assassin 1964
Bava arrive le premier et donne au giallo sa décadence de maison de couture et son culte des surfaces. Il filme la beauté comme une contamination, et tout le genre vit dans son ombre.
Torso 1973
Le proto-slasher de Sergio Martino pousse le giallo vers le pur décompte des corps et le voyeurisme. Le long climax presque silencieux est un authentique morceau de bravoure.
Vixen! 1968
Le plus grand succès des débuts de Russ Meyer, ronde satirique de l'appétit qui a contribué à faire entrer le softcore dans le grand public. Plus rapide et plus drôle que ses imitateurs.
La Vallée des plaisirs 1970
Meyer réalise, Roger Ebert écrit, et le résultat est une satire rock délirante qui joue chaque excès au premier degré. Un rêve fiévreux financé par un studio, sans équivalent.
Caged Heat 1974
Le premier film de Jonathan Demme glisse un vrai esprit et une charge féministe dans la formule de la prison pour femmes. Racoleur en surface, discrètement subversif en dessous.
La Femme Scorpion 1972
Le jalon japonais du film de prison pour femmes, qui fait de la Scorpion muette et vengeresse de Meiko Kaji une icône. Stylisé jusqu'à l'abstraction, et parfaitement glacial.
