Les 25 meilleurs films d'horreur de Thanksgiving
Thanksgiving n'est pas une fête francophone, et le Québec a son Action de grâce en octobre, plus discrète, sans défilé ni mythologie nationale. Mais le repas de famille, lui, existe partout: la table trop longue, la viande qu'on découpe devant tout le monde, les rancunes qu'on ressort entre deux services. C'est ce repas que cette liste prend comme sujet, pas la fête américaine.
L'élargissement est assumé et annoncé. Les films réellement situés pendant la fête ouvrent le classement, puis on avance vers ce que l'occasion raconte vraiment: la réunion familiale qui devient hostile, le cannibalisme et la consommation, le repas filmé comme une boucherie, et la récolte qu'il faut payer. Aucune entrée n'est ici pour un décor d'automne ou une dinde posée sur un buffet.
Méthode
Chaque réalisateur et chaque année ont été vérifiés avant que le film soit décrit. Le petit commerce du film d'horreur au titre saisonnier produit beaucoup de choses dont le titre est la seule information fiable: ce qui ne pouvait pas être confirmé a été écarté plutôt que deviné. Quand un film circule sous deux années différentes, une première en festival et une sortie bien plus tardive, la fiche le précise.
Écartées: les oeuvres dont le seul argument est une volaille au premier plan ou une page de calendrier. Écartées aussi les comédies familiales à charge politique qu'on range parfois dans le rayon Thanksgiving mais qui ne relèvent d'aucune définition du film d'horreur, quelle que soit la violence des échanges à table.
Le classement va du littéral au thématique. Le haut de la liste, c'est ce qu'on met en novembre pour la fête elle-même. Le bas, c'est ce qu'on met pour l'idée: manger, récolter, et la famille qui n'allait de toute façon pas tenir jusqu'au dessert.
Les films de cette liste
Thanksgiving : La Semaine de l'horreur 2023
Roth transforme enfin sa fausse bande-annonce en vrai slasher, et le pari tient. Le Vendredi fou devient le véritable carnage, et chaque meurtre est mis en scène comme une démonstration de découpe devant public.
Nightmare at Shadow Woods 1987
Le slasher d'Action de grâce le plus pur qui existe. Un jumeau fait porter le blâme à son frère, la sauce aux canneberges tient lieu d'hémoglobine, et Louise Lasser traverse son effondrement en mangeant tout ce qui reste.
Massacre à la tronçonneuse 1974
Chez Hooper, la famille se met à table et le repas est l'horreur même. Le grand-père trône, la viande est de provenance locale et l'invitée est servie sans avoir été consultée. Le souper de famille définitif du cinéma.
Home Sweet Home 1981
Jake Steinfeld, gonflé au PCP, débarque dans un souper de famille au ranch. Le film ne cherche presque pas le suspense: il laisse le rassemblement se défaire, invité par invité, et cela dérange davantage qu'une vraie montée de tension.
ThanksKilling 2008
Une marionnette de dinde vulgaire massacre des étudiants avec un budget inexistant. Le film sait précisément ce qu'il est, plie l'affaire en 66 minutes et est devenu, par pure obstination, une tradition de novembre.
Kristy 2014
Le campus s'est vidé pour le congé, une seule étudiante reste, et une secte la choisit justement parce qu'elle est seule. Blackburn filme les résidences désertes comme un pays dont on aurait coupé le courant.
Pilgrim 2019
Dunstan engage des reconstituteurs historiques pour un souper de banlieue et ne les laisse jamais sortir de leur rôle. La satire de la gratitude en spectacle dépasse largement le format télé qui l'accueille.
Les Valeurs de la famille Addams 1993
Assumé sans excuse: la pièce de Mercredi au camp Chippewa transforme le premier Thanksgiving en vengeance incendiaire. Aucune autre scène de cinéma ne traite le mythe fondateur avec autant d'hostilité joyeuse.
Hérédité 2018
Aster fait de l'affrontement à table la vraie violence du film: Toni Collette met son fils en accusation par-dessus les assiettes. Tout le surnaturel qui suit ne fait que terminer la phrase commencée là.
The Invitation 2016
Kusama tire un film entier d'un souper où l'hôte est trop chaleureux et l'invité n'a rien pour étayer ses soupçons. Le vrai sujet: se faire dire que son deuil manque de savoir-vivre, et avoir raison quand même.
Wedding Nightmare 2019
Une mariée entre dans la famille de son mari en se faisant traquer toute la nuit dans le manoir. La robe en lambeaux de Samara Weaving et le calme administratif de la belle-famille en font une farce impeccable.
Get Out 2017
Peele comprend que l'horreur de rencontrer la belle-famille, c'est d'être évalué pendant qu'on vous nourrit. Chez les Armitage, chaque compliment est aussi une fiche d'inventaire, et personne ne s'en cache vraiment.
You're Next 2013
Wingard lâche des tueurs masqués d'animaux dans un week-end d'anniversaire et découvre que la mesquinerie familiale survit intacte au siège. On continue de se chicaner en se faisant éliminer un à un.
The Stepfather 1987
Terry O'Quinn incarne un homme qui massacre des familles parce qu'elles refusent de ressembler à l'image qu'il s'en fait. Sa gaieté forcée à table est une menace, et elle tourne exactement au moment prévu.
Vorace 1999
Antonia Bird transforme le mythe Donner en comédie de l'appétit: la conquête du continent devient quelque chose qu'on avale. Le charme de Robert Carlyle reste le meilleur argument jamais filmé en faveur du cannibalisme.
Bone Tomahawk 2015
Zahler consacre une heure à une lente chevauchée vers l'ouest, puis livre une scène de boucherie filmée si platement qu'elle ressemble à un document d'archive. La frontière comme garde-manger, sans mythologie.
We Are What We Are 2013
Mickle déplace le rituel dans un nord de l'État de New York noyé de pluie et en fait une question d'obéissance: les filles perpétuent la recette parce que refuser voudrait dire partir. La finale tranche brutalement.
Ne nous jugez pas 2010
L'original de Grau est le film le plus sec: une famille de Mexico perd son patriarche et constate que personne ne sait chasser. Le cannibalisme devient une corvée héritée que nul n'a jamais appris à faire.
Society 1989
La séquence du shunting chez Yuzna reste l'énoncé le plus littéral du cinéma d'horreur sur les classes sociales: les riches mangent, et ils y mettent le corps entier. Les effets de Screaming Mad George paraissent encore illégaux.
Parents 1989
Balaban filme la banlieue des années 1950 comme une chambre froide avec des rideaux: des plats mijotés aux couleurs chaudes, un garçon qui refuse de manger, des parents qui refusent d'expliquer. Randy Quaid n'a jamais été aussi poli.
Nuits de cauchemar 1980
Rory Calhoun enterre les voyageurs dans son jardin pour les faire mariner, puis vend la viande fumée au bord de la route. De l'horreur de la ferme à la table, jouée sans le moindre clin d'oeil.
Massacre à la tronçonneuse 2 1986
Hooper refait son propre film sous forme de concours de chili, Dennis Hopper armé de deux scies et la famille devenue entreprise de traiteur. La blague sur ce que l'Amérique mange, hurlée sans aucune nuance.
Grave 2017
Ducournau réunit l'initiation, l'école vétérinaire et la première faim, puis les laisse se contaminer. La découverte de l'appétit par Garance Marillier est filmée comme une puberté, jamais comme une possession.
Delicatessen 1991
Jeunet et Caro bâtissent un immeuble entier autour d'un boucher en rupture de stock, et le comique naît du pragmatisme des locataires. Une France d'après-catastrophe où le loyer se paie en voisins.
The Feast 2021
Une famille galloise organise un souper pour vendre une terre qu'elle ne respecte pas, et la serveuse engagée est la réponse du sol. Lee Haven Jones filme chaque service comme une autopsie patiente.
