Les meilleurs films cultes
Un film culte, c'est un film qui a refusé de mourir en silence: séances de minuit, jalons du cinéma de genre et magnifiques accidents qui ont trouvé leur public des années plus tard. Cette liste croise des dizaines de classements de critiques et de fans pour ne garder que les titres qui reviennent sans cesse.
Du Rocky Horror Picture Show qui remplit encore des salles à minuit cinquante ans plus tard jusqu'à Eraserhead sorti de l'underground pour entrer dans la légende, ce sont les films qu'on se fait tatouer: bobines interdites, désastres de studio devenus trésors et les choses les plus étranges jamais projetées à deux heures du matin.
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Ce qui fait un film culte
Un film culte est couronné par son public, pas par son studio. Le titre arrive souvent des années plus tard: un échec commercial trouve une séance de minuit, un club vidéo loue sans arrêt la même cassette usée, un festival ressort une copie et la salle refuse de partir. Ce qui unit les films de cette liste, c'est que chacun s'est bâti une congrégation, par la transgression, l'invention ou une étrangeté obstinée.
Comment cette liste a été construite
Nous avons croisé des décennies de rétrospectives critiques, de classements de fans et d'ouvrages de référence, puis gardé les titres qui revenaient sans cesse. L'ordre suit ce consensus: les films cités par le plus de sources ouvrent la page, de la royauté des séances de minuit aux magnifiques épaves qui ont gagné leur immortalité une projection à la fois.
Les films de cette liste
The Rocky Horror Picture Show 1975
Le film de minuit qui a transformé son public en troupe, avec un rituel de participation toujours vivant un demi-siècle plus tard. Son culte tient moins du fandom que d'une représentation hebdomadaire.
Les Guerriers de la nuit 1979
L'odyssée de gangs de Walter Hill stylise une seule nuit new-yorkaise en mythe de bande dessinée. Les costumes et les règles de territoire relèvent du pur fantasme, et c'est justement pour cela qu'il perdure.
Showgirls 1995
Démoli à sa sortie, puis réhabilité en étude criarde d'une ambition qui se dévore elle-même. Le voir comme du camp ou comme un excès sincère donne deux films différents, et aucun ne tranche.
Donnie Darko 2001
Un casse-tête de boucle temporelle en banlieue qui a trouvé sa congrégation en vidéo, pas en salle. Il récompense le genre de revisionnage obsessionnel qui fabrique un culte de toutes pièces.
Harold et Maude 1971
Un adolescent obsédé par la mort et une septuagénaire assoiffée de vie, portés par Cat Stevens vers une tendresse improbable. Un échec commercial devenu rite de passage.
Eraserhead 1977
Le cauchemar industriel de Lynch est sorti de l'underground par la seule force de son travail sonore. Peu de premiers films s'abandonnent aussi complètement à leur propre logique.
Repo Man 1984
Économie punk, extraterrestres dans un coffre et Emilio Estevez à la dérive dans un Los Angeles pince-sans-rire. Alex Cox fait de la fauche une esthétique sans jamais ciller.
Akira 1988
Le mur de mouvement animé d'Otomo a redéfini ce que le long métrage d'animation pouvait porter. Son apocalypse néo-tokyoïte est devenue la référence de toute une génération.
The Big Lebowski 1998
Le polar débraillé des Coen a raté sa sortie avant d'engendrer festivals, religion et vocabulaire entier. Presque rien ne tient debout, et c'est le principe.
Mad Max 1979
George Miller bâtit une vengeance routière avec presque rien et un pur instinct cinétique. Toute la mythologie du désert vient de ce premier film sec et furieux.
Pink Flamingos 1972
John Waters transforme le mauvais goût en manifeste, avec Divine au centre qui vous met au défi de détourner le regard. La transgression est tout le projet.
Evil Dead 1981
Raimi tire d'une cabane, d'une caméra et d'une invention sans relâche une machine à horreur bien au-dessus de ses moyens. Son énergie a lancé une franchise et un style.
La Nuit des morts-vivants 1968
Le huis clos sans le sou de Romero invente le zombie moderne et glisse un constat cinglant sur la race et l'effondrement social. Un accident de domaine public l'a rendu universel.
Heavy Metal 1981
Une anthologie animée de sexe, de violence et de rock progressif qui ne pouvait exister qu'en objet de fin de soirée. Un magazine devenu vie criarde.
Freaks, la monstrueuse parade 1932
Tod Browning filme de vrais artistes de foire, ce qui a fait enterrer le film pendant des décennies avant sa redécouverte. C'est son empathie, pas ses chocs, qui dérange.
Phantom of the Paradise 1974
De Palma greffe Faust, le Fantôme et l'industrie du disque en une fièvre glam-rock. Négligé à sa sortie, devenu un secret fervent.
Blade Runner 1982
Un échec commercial qui, remontage après remontage, est devenu l'allure même de la science-fiction à l'écran. Sa mélancolie pluvieuse a fixé l'ambiance de tout ce qui a suivi.
Princess Bride 1987
Une comédie de conte modeste que la citation a transformée en langue commune entre générations. Son culte carbure à l'affection plutôt qu'à la transgression.
The Blues Brothers 1980
Un sketch devenu comédie musicale anarchique de carambolages et de légendes de la soul. La démesure est absurde, et la joie explique sa longévité.
El Topo 1970
Le western sous acide de Jodorowsky a pour ainsi dire inventé le circuit des séances de minuit dont dépend toute cette liste. Moins un film qu'une initiation.
