Video nasties: la liste complète
Les video nasties, ce sont les films que le Royaume-Uni a voulu faire disparaître: la liste du Director of Public Prosecutions qui a transformé des cassettes d'horreur bon marché en contrebande et, par accident, en légende. Cette page suit la liste, vérifiée contre le dossier historique.
De Cannibal Holocaust à Evil Dead, la panique a jeté chefs-d'oeuvre et navets dans le même box des accusés: trente-neuf titres poursuivis, les autres saisis et disputés, chacun devenu aujourd'hui une pièce d'histoire de la censure.
À regarder gratuitement en ce moment
La panique qui s'est retournée
Au début des années 80, le Director of Public Prosecutions britannique a fait circuler une liste de sorties vidéo jugées susceptibles de dépraver et de corrompre. Les revendeurs ont été perquisitionnés, les cassettes saisies, et trente-neuf titres ont été poursuivis avec succès. La campagne censée effacer ces films les a plutôt canonisés: rien ne vend un film d'horreur comme une interdiction gouvernementale.
Lire la liste
Chaque film ci-dessous porte sa mention: les 39 du DPP qui ont été poursuivis, et les titres de la Section 3, saisissables mais jamais condamnés. La majeure partie de la liste historique est déjà au catalogue; les derniers titres s'y joindront à mesure de leur ajout.
Les films de cette liste
Absurd 1981
Le slasher italien de Joe D'Amato lance un tueur quasi indestructible sur une petite ville, reprenant en somme son propre Anthropophagus pour le public du gore. Ses scènes d'hôpital lui ont valu sa place sur la liste.
The Beast in Heat 1977
Un jalon crasseux du cycle nazisploitation, ce choc italien a bâti sa réputation sur la seule provocation de mauvais goût. Son atrocité caricaturale en a fait un habitué de la liste, faute de tout métier.
L'Au-delà 1981
Le cauchemar louisianais de Lucio Fulci troque l'intrigue contre une pure terreur onirique, entre visages fondus et logique de rêve. C'est le joyau de sa trilogie des Portes de l'enfer et un sommet du splatter italien.
Orgie sanglante 1963
Herschell Gordon Lewis invente ici le film gore, avec un traiteur égyptien qui récolte des organes pour un festin rituel. Grossier et jubilatoire, il fait du carnage sa seule raison d'être.
La lune de sang 1981
Le slasher espagnol de Jess Franco traque une école de langues à coups de disco poisseux et d'une scène de scie à pierre restée célèbre. Franco court après le marché post-Halloween avec son mépris habituel du bon goût.
Carnage 1981
Un slasher de colonie de vacances autour de la vengeance d'un gardien défiguré, rehaussé par les effets de Tom Savini et une distribution de futures vedettes. Son massacre du radeau l'a propulsé sur la liste.
Cannibal Apocalypse 1980
Antonio Margheriti croise le cycle cannibale et le traumatisme des vétérans du Vietnam, répandant une contagion anthropophage dans Atlanta. Plus film de guerre urbaine qu'atrocité de jungle.
Cannibal Ferox 1981
L'atrocité de jungle d'Umberto Lenzi mise tant sur la cruauté animale réelle et la torture qu'elle se vantait d'être le film le plus violent jamais tourné. Pure provocation, dûment poursuivie.
Cannibal Holocaust 1980
Le jalon en found footage de Ruggero Deodato reste le sommet le plus dérangeant du film cannibale, une critique des médias sabotée par ses propres mises à mort d'animaux. Interdit, poursuivi et débattu sans fin.
The Cannibal Man 1972
Malgré son titre racoleur, c'est une lente étude de caractère espagnole sur un employé d'abattoir dont le premier meurtre glisse vers une routine solitaire. Plus drame de classe que choc cannibale.
Cannibal Terror 1980
Un cheapie euro-cannibale famélique dont la jungle est visiblement pavillonnaire et les tigres empruntés à des images d'archives. Il doit sa notoriété surtout à sa parenté avec le cycle cannibale.
Contamination 1980
Le choc de Luigi Cozzi, inspiré d'Alien, envoie des oeufs pulsatiles et des spores éclateuses de Colombie jusqu'à New York. La partition de Goblin nourrit une tranche gluante de science-fiction horrifique italienne.
Dead & Buried 1981
Une ville côtière où les morts ne cessent de réapparaître ancre ce mystère inquiétant écrit par Dan O'Bannon, avec les effets de Stan Winston et une révélation glaçante. Plus fin que sa réputation de nasty.
Devil Hunter 1980
Le film de déesse cannibale de Jess Franco est lent, moite et étiré, célèbre plus par son inscription sur la liste que par son contenu. Un dieu cannibale aux yeux exorbités en est la seule image mémorable.
Don't Go in the House 1979
Un solitaire traumatisé, armé d'un lance-flammes et d'une pièce d'acier, transforme le film en variation glaçante autour de Psychose et de la maltraitance héritée. Sa scène d'immolation a nourri la polémique.
Don't Go in the Woods 1981
Un slasher forestier où un montagnard sauvage élimine des randonneurs, rugueux jusqu'au moindre plan. Son charme tient à sa maladresse, son infamie à la liste.
Don't Look in the Basement 1973
Situé dans un asile mal géré où patients et personnel se confondent, ce film tourné au Texas troque le gore contre une impression crasseuse de pourriture institutionnelle. La noirceur du drive-in à moindres frais.
Driller Killer 1979
Abel Ferrara incarne lui-même un peintre new-yorkais qui craque sous la misère et le bruit, jusqu'à ce qu'une perceuse devienne son exutoire. Autant un portrait no-wave crasseux qu'un film d'horreur.
Evil Dead 1981
Sam Raimi tire d'une cabane, d'une caméra et d'une invention sans relâche l'une des grandes agressions sensorielles de l'horreur. Son énergie a lancé une franchise et rendu la liste ridicule.
Messe noire 1981
Le cadet martyrisé qu'incarne Clint Howard invoque une vengeance satanique via un ordinateur primitif, pour un bain de sang final dans une chapelle. Le gadget technologique a vieilli; le final a valu l'interdiction.
Exposé 1976
Le seul film de fabrication britannique de la liste du DPP, un thriller érotique paranoïaque avec Udo Kier en romancier en panne. Sleaze et angoisse dans une ferme isolée.
Faces of Death 1978
La tristement célèbre compilation mondo mêlant images de mort réelles et truquées, vendue comme un documentaire interdit. Son choc tenait surtout du battage, sa notoriété fut totale.
Chair pour Frankenstein 1973
Le Frankenstein de Paul Morrissey et Andy Warhol, conçu à l'origine en relief, se délecte de la luxure eugéniste et grotesque du baron. Camp, gore et provocation d'avant-garde à parts égales.
Massacres dans le train fantôme 1981
Tobe Hooper enferme des adolescents une nuit dans un train fantôme avec un tueur difforme, exploitant la mécanique grotesque de l'attraction pour l'atmosphère. Son inscription reste l'un des excès les plus étranges de la panique.
Gestapo's Last Orgy 1977
Parmi les films de nazisploitation les plus extrêmes, une atrocité de camp conçue pour révulser. Sa place sur la liste est une place dans l'histoire du mauvais goût.
La Maison près du cimetière 1981
Le cauchemar de maison hantée de Lucio Fulci, en Nouvelle-Angleterre, cache le Dr Freudstein à la cave, tout en décrépitude suintante et logique de rêve. Une pièce maîtresse, gore et illogique, de son début des années 80.
La Maison au fond du parc 1980
Le nasty d'invasion de domicile de Ruggero Deodato oppose David Hess à une soirée d'hôtes bourgeois, pendant méchant de La Dernière Maison sur la gauche. La menace prolongée fut son argument et son problème.
Human Experiments 1979
Une femme piégée et internée affronte les expériences d'effacement mental d'un médecin, dans un choc proche du film de prison de femmes. Plus de cruauté psychologique que de gore.
Inferno 1980
La suite en rêve fiévreux de Suspiria noie sa mythologie des Trois Mères dans la couleur, l'eau et une architecture impossible. L'intrigue se dissout; le délire sensoriel est le sujet.
Island of Death 1976
Un carnet de voyage grec ensoleillé vire à la dépravation quand un couple inflige des atrocités croissantes aux habitants. Mastorakis a cyniquement empilé tous les tabous pour garantir la notoriété.
Killer Nun 1979
Anita Ekberg incarne une religieuse morphinomane qui se défait au fil de meurtres au couvent, mêlant sacrilège de nunsploitation et mystère giallo. Un casting prestigieux pour un sous-genre très mal famé.
La Dernière Maison sur la gauche 1972
Le premier film de Wes Craven fait du rape-revenge une agression brute, presque insoutenable, contre les nerfs du spectateur. Sa cruauté en a fait un nasty emblématique, interdit sans fin.
Le Massacre des morts-vivants 1974
Le film de zombies anglo-espagnol de Jorge Grau impute le retour des morts à des radiations agricoles, aiguisant son horreur d'une angoisse écologique. Soigné, gore et étonnamment intelligent.
Love Camp 7 1969
Un modèle précoce du cycle d'exploitation des camps nazis, grossier et sinistre. Son influence sur le sous-genre l'emporte sur tout mérite.
Madhouse 1981
La vengeance d'anniversaire d'une jumelle difforme mène ce choc italo-américain, chien tueur et excès grand-guignolesques compris. Plus méchant et étrange que ne le laisse croire son obscurité.
Mardi Gras Massacre 1978
Un slasher de La Nouvelle-Orléans qui recycle la trame du meurtre rituel de Blood Feast, avec un tueur obsédé d'imagerie aztèque sacrifiant des femmes. Bon marché, répétitif et dûment poursuivi.
Night of the Bloody Apes 1969
Une folie de science mexicaine où une greffe de coeur de singe transforme un homme en bête furieuse, relevée d'images chirurgicales réelles et de catch. Un pulp gonzo au sud de la frontière.
Night of the Demon 1980
Un film de Bigfoot qui troque le folklore contre le splatter, enfilant des vignettes atroces sur une trame de récit de feu de camp. Sa scène de castration lui a valu la liste.
Possession 1981
L'effondrement conjugal berlinois d'Andrzej Zulawski explose en pleine horreur métaphysique, avec la crise d'Isabelle Adjani dans le métro parmi les scènes les plus éprouvantes du cinéma. Son inscription fut une erreur de catégorie; le film est un chef-d'oeuvre.
The Slayer 1982
Des vacances sur une île tournent au drame quand les cauchemars d'une peintre débordent sur le réel, slasher atmosphérique à la logique de rêve qui a peut-être préfiguré Les Griffes de la nuit. Mieux fait que la plupart de ses voisins de liste.
The Toolbox Murders 1978
Un tueur masqué parcourt un immeuble avec le contenu d'une boîte à outils, empilant ses atrocités avant de basculer dans une étrange intrigue d'enlèvement. Cameron Mitchell ancre le sleaze.
Unhinged 1982
Un slasher forestier détrempé, imprégné de secrets de famille à la Psychose, lent et crasseux jusqu'à sa révélation. Sa réputation repose presque entièrement sur l'interdiction.
Terreur à l'hôpital central 1982
Un slasher canadien soigné qui traque une journaliste dans un hôpital, avec Michael Ironside en tueur d'une misogynie glaçante. Plus abouti que la moyenne des nasties.
The Witch Who Came from the Sea 1976
Une rareté hantée et picturale où le traumatisme d'enfance d'une femme éclate en violence contre les hommes, enveloppé d'images oniriques. Bien plus étrange et triste que ne le suggère son inscription racoleuse.
Women Behind Bars 1975
L'entrée de Jess Franco dans le film de prison de femmes livre la cruauté et le sleaze attendus du sous-genre, avec son indifférence coutumière et ses zooms permanents. Notoire par catégorie plus que par une scène précise.
L'Enfer des zombies 1979
L'épopée zombie caribéenne de Lucio Fulci a offert au monde un duel requin contre zombie et une écharde dans l'oeil qui a défini le splatter. Le film qui a fait de lui une légende du gore.
