Films Horreur Meconnus
Le mot "méconnu" vaut mieux ici que "oublié". Certains de ces films ont un vrai culte. D'autres circulent surtout entre cinéphiles de genre, festivals, éditeurs vidéo et recommandations de fin de soirée. Ce qui les réunit, ce n'est pas l'invisibilité absolue, mais le décalage entre leur qualité et la place qu'on leur accorde dans les conversations les plus paresseuses sur l'horreur. Le canon a ses automatismes. Cette liste sert justement à les contrarier.
Les meilleurs films d'horreur méconnus n'ont pas besoin qu'on les défende par charité. Ils demandent seulement qu'on cesse de répéter les mêmes vingt titres comme si l'histoire du genre s'arrêtait là. Le canon n'est pas faux, il est paresseux, et ces films le réveillent.
Les films de cette liste
The Changeling 1980
Peter Medak signe un grand film de maison hantée adulte, précis et sans effets inutiles, encore trop rarement cité à la hauteur de ce qu'il accomplit. George C. Scott y apporte un poids de deuil qui donne à la hantise une vraie densité humaine.
Session 9 2001
Brad Anderson fait monter la peur à partir d'un chantier, d'un bâtiment chargé et d'hommes qui se délitent avant même que le surnaturel soit tranché. C'est sec, sinueux et très intelligent dans son ambiguïté.
Aux frontières de l'aube 1987
Kathryn Bigelow a tourné l'un des meilleurs films de vampires américains, encore trop absent des grandes discussions du genre. Elle troque le gothique contre les bars, les motels et une famille errante que seule la prédation tient ensemble.
The House of the Devil 2009
Ti West est parfois salué, mais ce film reste moins central qu'il ne le mérite dans le récit de l'horreur contemporaine. Son vrai talent est rythmique : il fait d'un escalier ou d'une pièce vide un espace déjà rituel.
DellaMorte DellAmore 1994
Michele Soavi signe l'un des plus beaux objets bizarres du fantastique européen, où cimetière, zombie, romance nécrosée et mélancolie cohabitent sans jamais se stabiliser. Trop singulier pour le consensus, donc précieux.
L'Enfant miroir 1990
Philip Ridley filme l'enfance, la rumeur et l'Amérique rurale comme une matière déjà radioactive. Le film laisse une trace étrange, plus durable que bien des oeuvres plus bruyantes, et son malaise tient autant à sa lumière qu'à son sujet.
Starry Eyes 2014
Kolsch et Widmyer donnent à l'horreur hollywoodienne l'un de ses meilleurs films sur l'ambition et l'autodestruction. Le body horror y a une vraie fonction morale et sociale, sans se réduire au clin d'oeil de genre.
The Borderlands 2014
Le film montre combien le found footage a pu produire de grands objets hors de son noyau le plus connu. Elliot Goldner y mêle humour sec, folklore et horreur religieuse avec une efficacité qui mériterait bien plus de reconnaissance.
