directed by Jenle Hallund. The latter was screened at The 2012 Copenhagen Art Festival. His work has also been featured on an episode of the Adult Swim series
Le fragment "directed by Jenle Hallund. The latter was screened at The 2012 Copenhagen Art Festival. His work has also been featured on an episode of the Adult Swim series" ressemble moins à un nom qu'à une phrase échappée d'une notice, et c'est précisément ce qui le rend fascinant dans un catalogue d'horreur. Ici, la signature semble contaminée par le paratexte. Le réalisateur arrive sous forme de débris documentaire: une mention de projection, une référence télévisuelle, un morceau d'anglais resté collé au champ du nom.
Il serait absurde de nettoyer cette étrangeté par une fausse élégance. L'horreur contemporaine, surtout dans ses zones expérimentales, vit souvent de ces circulations imparfaites entre films, festivals, épisodes, clips, installations et bases de données. Le cas Jenle Hallund, tel que transmis par ce slug démesuré, indique un artiste placé entre l'image de galerie et la culture télévisuelle nocturne. Le Copenhagen Art Festival de 2012 donne un premier repère: celui d'un contexte artistique où le film peut être vu comme installation, expérience, objet de projection plus que comme simple récit.
L'autre repère, Adult Swim, ouvre une voie américaine, bizarre, télévisuelle, souvent absurde et tardive. Depuis les années 2010, cette zone a beaucoup compté pour les formes courtes de malaise audiovisuel: animations dérangées, faux programmes, humour noir, images qui semblent issues d'un câble fatigué à trois heures du matin. Ce n'est pas l'horreur classique des couloirs et des revenants. C'est une horreur de signal, de format, de parasitage. Elle ne demande pas toujours qu'on croie à une histoire. Elle demande qu'on doute de l'objet qu'on regarde.
Le contexte États-Unis renforce cette lecture, non parce que l'Amérique aurait le monopole du bizarre télévisuel, mais parce qu'elle a produit une culture très particulière du programme nocturne, de la chaîne spécialisée, du gag qui se transforme en malaise. Dans cet espace, l'horreur peut naître d'une rupture de ton. Une image commence comme une blague et finit comme une menace. Une voix trop calme devient inquiétante. Une structure de sketch laisse apparaître une logique plus froide, presque rituelle.
Jenle Hallund, ou la phrase qui le désigne, doit donc être approché par le film expérimental. L'expérimental n'est pas ici un mot noble pour éviter de parler de genre. Il désigne une pratique qui attaque les formes mêmes de la réception. Que se passe-t-il quand une oeuvre n'arrive pas sous le bon format? Quand la notice déborde dans le nom? Quand le crédit devient une archive abîmée? L'horreur adore ces erreurs, parce qu'elles font vaciller la confiance dans les cadres.
Un seul crédit au catalogue suffit à placer cette entrée dans une lignée d'objets hybrides. Il ne s'agit pas de raconter une carrière complète. Il s'agit de reconnaître un point de rencontre entre art contemporain, télévision étrange et culture de l'épouvante. La peur n'y vient peut-être pas d'une créature, mais d'un protocole. Une projection en festival, un segment diffusé, une image détachée de son contexte: tout cela peut produire une inquiétude très moderne, celle d'un média qui ne se laisse pas stabiliser.
CaSTV conserve cette anomalie comme telle, et c'est important. Les bases de cinéma ont souvent tendance à lisser les accidents, à transformer toute aspérité en donnée propre. Or le genre, lui, aime les données sales. Il sait que les erreurs de transmission peuvent devenir des portes. Cette fiche dit quelque chose de l'horreur contemporaine: elle n'habite plus seulement les films, mais aussi les notices, les plateformes, les souvenirs de diffusion, les fragments copiés de travers. Jenle Hallund, dans cette forme étrange, devient moins un nom perdu qu'un symptôme parfait.
