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Amal Al-Muftah

Le crédit d'Amal Al-Muftah dans CaSTV fait entrer une lumière du Golfe, une chaleur sèche, une architecture de seuils où l'intime et le rituel ne se séparent jamais tout à fait. Dans l'horreur, cette provenance imaginaire compte: elle déplace le regard loin des forêts européennes et des banlieues américaines, vers des espaces où la peur peut prendre la forme d'un silence familial, d'une présence dans la maison, d'un interdit ancien qui survit sous des gestes modernes.

Le cinéma d'horreur gagne toujours lorsqu'il s'ouvre à des traditions moins saturées par les modèles dominants. Les récits venus ou inspirés du monde arabe ne traitent pas la hantise de la même manière que les fantômes victoriens ou les tueurs de banlieue. La peur peut y passer par la pudeur, l'hospitalité, le regard des proches, la dette envers les morts, les forces invisibles que l'on ne nomme pas à la légère. Al-Muftah, par sa présence dans le catalogue, indique cette autre température du genre.

Un seul crédit ne permet pas de fabriquer une œuvre complète, mais il suffit à ouvrir un espace. CaSTV retient ici un nom qui suggère une attention au corps social, au poids de la maison, à la manière dont une femme peut traverser un environnement chargé de règles explicites et implicites. L'horreur contemporaine devient particulièrement forte lorsqu'elle ne sépare pas la menace surnaturelle de l'organisation quotidienne du pouvoir. Le monstre, parfois, n'est que la forme visible d'une contrainte déjà installée.

Les Années 2020 ont vu les festivals et plateformes de genre porter davantage d'attention aux cinémas régionaux, aux courts, aux récits hybrides. Cette circulation ne relève pas d'une mode exotique. Elle corrige une carte trop étroite. Les peurs ne sont pas universelles parce qu'elles seraient partout identiques. Elles le sont parce que chaque culture leur donne une forme précise. Une porte fermée ne signifie pas la même chose selon la maison, la langue, la famille et la loi qui l'entourent.

On peut rattacher cette présence à un vaste horizon de cinéma asiatique si le catalogue le permet par ses slugs, car le Qatar et la région du Golfe ont produit des voix qui interrogent l'espace domestique, la jeunesse, les traditions et la modernité rapide. L'important n'est pas de réduire Al-Muftah à une origine, mais de reconnaître que son nom dans CaSTV élargit la géographie sensible de l'épouvante. Il rappelle que le désert, la villa, la chambre d'enfant ou la cour intérieure peuvent être des lieux de peur aussi puissants que n'importe quel château.

Amal Al-Muftah apparaît ainsi comme une signature de seuil: seuil entre le visible et l'invisible, entre respect et révolte, entre récit intime et mémoire collective. Sa fiche reste brève, mais elle a une force de déplacement. Elle pousse le spectateur CaSTV à chercher l'horreur hors des routes trop balisées, dans des espaces où le surnaturel n'est pas un spectacle, mais une présence avec laquelle les vivants doivent négocier.